Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) s’établit, en France, à 3,73 millions en mars 2020, soit 246 100 de plus qu’en février, selon les données de la direction statistique du ministère du Travail (Dares), qui renoue exceptionnellement avec la publication de données mensuelles. Avec 7,1% de hausse, il s’agit de la plus forte augmentation mensuelle depuis que la série existe, soit 1996.
Le nombre de chômeurs en activité partielle de courte ou longue durée (catégories B et C) recule fortement, les demandeurs d’emploi n’ayant pas trouvé de mission courte en mars. Donc au total, les catégories A, B et C augmentent de 177 500 demandeurs d’emploi, soit le double de ce qui était jusqu’ici la plus forte hausse, en avril 2009 (86 300).
Fins des contrats courts
Cette forte hausse provient à la fois d’un plus grand nombre d’inscriptions et d’une importante réduction des sorties de Pôle emploi. Les inscriptions dans les catégories A, B et C sont en hausse de 5,5%. Les statistiques hebdomadaires de la Dares montraient depuis plusieurs semaines qu’il s’agissait pour l’essentiel de fins de contrats d’intérim ou de CDD, non renouvelés ou pour lesquels aucun nouveau contrat court n’a été trouvé. Le secteur de l’hôtellerie-restauration est le plus touché.
Par ailleurs, les sorties de Pôle emploi sont en repli massif : - 29 % par rapport à février 2020. Les raisons principales sont la diminution des retours à l’emploi, des entrées en formation, des radiations. Le gouvernement avait annoncé que les demandeurs d’emploi en fin de droits verraient leurs droits prolongés, et qu’aucune radiation n’aurait lieu pendant le confinement, les demandeurs d’emploi n’étant pas en situation de se rendre à des rendez-vous d’embauche.
Un premier trimestre qui reste bon
Ce catastrophique mois de mars gomme les effets positifs des mois de janvier et février, qui avaient connu une poursuite de la baisse du chômage de la bonne année 2019. Sur le premier trimestre 2020, en France, le nombre de demandeurs d’emploi sans ou avec activité (catégories A, B et C) est stable par rapport au trimestre précédent. Le chômage du premier trimestre 2020 est même en baisse de 2,9% sur un an.
Selon les données hebdomadaires de la Dares, le pire est derrière nous. C’est en effet la troisième semaine de mars qui a marqué le pic le plus important des entrées au chômage (+ 31%), les hausses se poursuivant, mais faiblissant les semaines suivantes. Entre le 15 mars et le 11 avril, il a tout de même été relevé, en données provisoires, une hausse de 12,6% des inscriptions à Pôle emploi par rapport à la même période de 2019.
Le gouvernement compte toujours sur son soutien massif à l'activité partielle, qui concerne désormais plus de 10 millions de salariés, pour limiter l'envolée du chômage. Pour le moment, le nombre de licenciements est contenu. L'heure de vérité sonnera au sortir de la période de crise, quand arrivera l'heure des faillites et des plans sociaux des entreprises les plus fragiles.



