Début juin, le gouvernement va annoncer le lancement du pass rail pour les jeunes à 49 euros. Il sera disponible pour la période estivale. «Toutes les régions vont signer le protocole, à part l’Île-de-France, car c’était techniquement impossible dans les délais impartis, a annoncé Patrice Vergriete, le ministre délégué aux Transports, jeudi 31 mai, aux membres de l’Association des journalistes des transports et de la mobilité (AJTM). Nous espérons intégrer la région francilienne en 2025. Et à terme, nous souhaitons le développer au niveau de l’Union européenne.»
Celui qui se présente comme un élu local enraciné dans le Nord avait instauré la gratuité des transports dans sa ville de Dunkerque (+125 % de voyageurs), dont il est le maire mais également président de la communauté urbaine. S’il considère que la gratuité est adaptée aux villes moyennes, «il n’est pas possible de la développer dans les grandes métropoles qui souffrent d’un problème d’offre et non pas de demande, ce qui était le cas par exemple à Dunkerque».
Coup de frein pour les trains de nuit
Le ministre croît beaucoup dans les fameux RER métropolitains, les SERM (services express régionaux métropolitains) «pour accélérer le développement des mobilités du quotidien, la décarbonation des transports avec le report modal et réparer la métropolisation ratée qui a laissé de côté les petites et moyennes villes.» Pour Patrice Vergriete, le constat est sans appel pour ces dernières. «Elles ont perdu des habitants et des emplois, ce qui a nourri le déclinisme et la montée de l’extrême droite. Le SERM, c’est revoir toutes mobilités à l’échelle d’une région métropolitaine», indique ce dernier qui envisage les premiers arrêtés d’ici la fin de l’année. Entre temps, la labellisation devrait être prononcée avant l'été pour les premiers SERM. Les restrictions budgétaires qui se profilent – on parle 300 à 400 millions d’euros pour les transports – ne devraient pas les concerner alors que les «les gros besoins de financements n'interviendront pas avant 2028 ou 2030».
À l’inverse, l’enthousiasme pour les trains de nuit de son prédécesseur Clément Beaune, et de l’ancien Premier ministre Jean Castex, ne semble pas avoir convaincu Patrice Vergriete. «J’ai besoin d’éléments, notamment sur le modèle économique», a-t-il reconnu devant l’AJTM. Cela suppose qu’il n’y aura vraisemblablement pas de commandes en 2025 auprès des constructeurs... Qui sont tous en retard pour livrer les commandes. En attendant, son ministère lance un audit sur la construction ferroviaire.



