Le médiateur des entreprises vole au soutien des entreprises françaises de la défense. Pierre Pelouzet, qui dirige ce service rattaché à Bercy, a confirmé mercredi 26 mars avoir reçu de la part du gouvernement la mission d’améliorer les délais de paiement dans la base industrielle et technologique de défense (BITD), constituée de neuf grands groupes majeurs et environ 4500 sous-traitants et fournisseurs.
Cette confirmation renvoie à une annonce passée relativement inaperçue qui figurait parmi celles faites jeudi 20 mars par les ministères de l’Economie et des Armées dans le cadre d’un grand raout organisé sur le financement de la défense. Publiée la veille de cet événement, une étude de la direction générale du Trésor avec l’observatoire économique de la défense avait mis en lumière la plus faible rentabilité des PME et ETI de la défense par rapport à celles d'autres secteurs sur la période 2016-2021, et leur moindre capacité à générer de la trésorerie.
«La demande qui nous a été faite est d’établir un premier état des lieux d’ici l’été», a indiqué Pierre Pelouzet lors de la présentation de son bilan d’activité 2024. L’objectif du médiateur des entreprises est d’obtenir un diagnostic sur les délais de paiements au sein de la BITD, afin de proposer rapidement des pistes de solutions à des entreprises confrontées à une augmentation de leur production. «Produire plus, cela signifie acheter plus de matières premières et pour cela il faut avoir la trésorerie la plus haute possible», souligne Pierre Pelouzet. Réduire les retards de paiement peut y contribuer. «On peut aussi réfléchir au versement d’acomptes», ajoute le médiateur.
Des bons élèves dans la filière
Un dialogue va être engagé avec les grands donneurs d’ordres du secteur, les fédérations professionnelles et des PME, en lien avec le service de médiation du ministère des Armées qui gère déjà les litiges liés à la commande publique. Pour accomplir sa mission, le Médiateur des entreprises devrait pouvoir s’appuyer sur certaines entreprises de défense déjà labellisées comme «responsables» dans leurs achats comme Safran, Naval Group ou encore KNDS France. Ce travail semble d’autant plus nécessaire que l'industrie de la défense ne possède pour l’instant pas son propre médiateur, contrairement à la filière aéronautique où un service de médiation est porté conjointement par le médiateur des entreprises et le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).

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2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
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Trim 3 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
- 0.87253+0.16
2 Avril 2026
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Sa mission intervient à un moment délicat pour les délais de paiement des entreprises. Selon les données du cabinet Altares, les retards de paiement des entreprises françaises se sont emballés courant 2024 pour atteindre près de 14 jours en décembre 2024. Et ce niveau tend à se stabiliser sur les premiers mois de 2025, même si l’industrie fait plutôt partie des bons élèves parmi l’ensemble des secteurs. «La courbe de nos saisines augmente sur les trois premiers mois de 2025. En sachant que 41% des saisines portent sur les conditions de paiement, nous commençons à voir les effets de cette remontée des retards», commente Pierre Pelouzet.
En 2024, le médiateur des entreprises a pris en charge 1903 demandes de médiation, un niveau quasiment stable par rapport à 2023 mais toujours supérieur à ce qui était observé avant la crise sanitaire. Certaines demandes proviennent déjà d’entreprises de la BITD, mais leur nombre n’est pas communiqué.



