Petite forme, en cette fin d’année, pour le bâtiment. En 2021, l’activité du secteur de la construction a certes bondi de 12,2% par rapport à 2020, année marquée par l’impact des confinements, mais elle reste en retrait de 5% par rapport à 2019, d’après la Fédération française du bâtiment (FFB).
Dans le logement neuf, 390 000 ouvertures de chantier ont été recensées en 2021. Les mises en chantier de logements ont progressé de 11,3% entre 2020 et 2021. Par rapport à 2019, année plus classique, ce segment est stable, à +0,9 % (+0,8 % en logements individuels et +1% en collectif). Dans le non-résidentiel neuf, « le rebond de 2021 n’a pas compensé la chute de 2020 ». 25,1 millions de mètres carrés ont été commencés en 2021, en repli de 11,6% par rapport à 2019. Au total, l’activité du neuf a perdu 7,9% par rapport à 2019. Sur le segment de l’amélioration-entretien, la baisse est contenue à 2,6%. Point de satisfaction, la bonne tenue de la rénovation énergétique du logement (+5% d’activité en deux ans), sous l’effet du dispositif gouvernemental MaPrimeRénov’.
Pour 2022, les perspectives tracées par la FFB sont plus rassurantes, avec une hausse du volume d’activité envisagée à 4,3% et 25 000 créations d’emplois (à ajouter aux 60 000 emplois créés entre 2020 et 2021). La production de logements neufs dépasserait l'an prochain de 1,1% son niveau de 2019. Elle grimperait de 7,3% en volume (+10,3% dans l’individuel et +3,6% dans le collectif). L’activité serait en hausse de 4,7% sur le non-résidentiel neuf, et de 2,7% sur l’amélioration-entretien. « 2022 serait l’année du rattrapage », observe Olivier Salleron, président de la FFB.
Les prix des matériaux inquiètent toujours
L’année 2022 sera marquée par l’entrée en vigueur, sur le résidentiel, de la nouvelle réglementation environnementale RE2020, pour les logements dont les permis de construire seront déposés postérieurement au 1er janvier. « Le bâtiment a toujours évolué et veut toujours évoluer sur la rénovation énergétique et la transformation durable », précise Olivier Salleron. Sur le logement neuf, la Fédération estime les surcoûts entre 5% et 10% du prix de construction et à environ 3,5% du prix du logement, prix du foncier et des prestations intellectuelles inclus.
Pour l’heure, les préoccupations se concentrent sur le coût des matériaux de construction. « L’activité bâtiment se serait sans nul doute révélée meilleure en 2021 si nombre d’entreprises n’avaient pas souffert de lourds problèmes d’approvisionnement liés à la crise des matériaux », explique la FFB. Entre décembre 2020 et octobre 2021, selon l’Insee, les prix à la production des produits aciers pour le bâtiment ont grimpé de plus de 70%. La hausse est de 62% pour les PVC et mélanges à base de PVC. « Nous avons déjà dénoncé des effets d’aubaine de la part de certains distributeurs ou producteurs, et nous nous en sommes déjà expliqués avec eux », indique Olivier Salleron. Une médiation de filière avait été mise en place en juin par le gouvernement.
Le rebond attendu de l’activité permet aux acteurs de la filière d’inciter les jeunes à rejoindre leurs rangs : « un jeune qui entre dans le secteur gagne de 8% à 10% de plus que le Smic, selon les régions. On paie les déplacements, les repas à midi. Nous avons été l’un des seuls secteurs à signer un accord d’intéressement en 2018, qu’on applique de plus en plus », illustre Olivier Salleron. Pour mettre en avant les savoir-faire, une « équipe de France du BTP », représentant 16 métiers, sera présente aux prochains Worldskills, en Chine en 2022 puis en France en 2024.



