Les difficultés liées aux matériaux continuent de plomber l’activité des entreprises du BTP. « L’envolée des prix des matériaux du bâtiment constitue le premier risque de fragilisation du secteur. Deuxième risque de fragilisation, la pénurie réelle de matériaux, qui peut engendrer un ralentissement de la production », souligne une nouvelle fois, mardi 14 septembre, Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment.
« Les difficultés d’approvisionnement perdurent pour nombre de matériaux, le bois au premier chef, ce qui désorganise les chantiers et rend très compliquée la réponse aux appels d’offres », ajoute-t-il. D’après l’Insee, les prix des produits PVC ont bondi entre décembre 2020 et juillet 2021 de 50,5%, ceux des ceux des produits polyuréthane de 20,5% et ceux des demi-produits en aluminium de 18,9%.
Coût des matières premières en hausse de 15%
« Avec une augmentation du coût des matières premières de 15% - les matières premières représentant 60% du coût de revient -, une augmentation du prix net de 9% est nécessaire pour obtenir la même marge brute. Et les coûts des matières premières ont encore augmenté de manière significative », confirme Franck Brault, senior manager chez Simon-Kucher & Partners.
D’après une enquête réalisée par le cabinet de conseil, 38% des entreprises du bâtiment n'ont pas encore augmenté leurs prix, 21% ont au moins annoncé une hausse et 13% ont préparé la mise en œuvre de cette mesure. Deux-tiers des 48 décideurs interrogés indiquent préparer des éléments de communication à destination de leurs commerciaux et de leurs clients afin de justifier les raisons des hausses tarifaires.
Le logement individuel neuf à la hausse
Une situation qui intervient dans un contexte favorable au logement individuel neuf. « La dynamique dans le logement individuel neuf constitue la belle surprise du début de l’année », confirme Olivier Salleron. Comparé au premier semestre 2019, les mises en chantier sont en hausse de 4%, les permis de construire en progression de 18,3%, et les ventes s’accroissent de 16,3%.
Sur le segment de la maison individuelle, les mises en chantier progressent de 4%, les permis de construire de 18,3% et les ventes de 16,3%. « La tendance de nos concitoyens à avoir un petit bout de jardin se confirme, avec une situation de crise qui s’allonge », estime le président de la Fédération.
Sur le logement collectif neuf, les mises en chantier ont gagné 3,5% au premier semestre 2021 par rapport au premier semestre 2019, sous l’effet du report des chantiers retardés de 2020. Les permis de construire sont en repli de 6,9%, et les ventes de 7,3%.
Les conclusions de la Commission pour la relance durable de la construction de logements, mise en place fin mai par le ministère de la Transition écologique et présidée par François Rebsamen, sont attendues fin septembre puis fin octobre.
Boom de l’emploi
Du côté de l’amélioration-entretien, l’activité a baissé de 4,8% au premier semestre 2021, par rapport au premier semestre 2019. Sur le non-résidentiel neuf, « on constate avec inquiétude que tous les segments du marché continuent de fortement reculer sur deux ans, y compris la commande publique », d’après Olivier Salleron. L’activité a dévissé de 10,8%.
L’emploi est, lui, orienté à la hausse, avec 68 800 créations nettes d’emplois par rapport au premier semestre 2019. Côté salariés, 74 100 postes supplémentaires ont été créés au premier semestre 2021 par rapport au premier semestre 2019. Côté intérim, 5 300 postes de moins en équivalent emplois temps plein. « Nous saluons le prolongement de six mois, au 30 juin 2022, des aides à l’apprentissage. Mais les artisans ne prennent des apprentis que si les carnets de commandes sont bien remplis », rappelle Olivier Salleron.



