La vaccination par la médecine du travail s'intensifie... et bénéficiera du Pfizer

La médecine du travail va disposer de 100 000 doses supplémentaires de vaccin AstraZeneca en mai et recevra prochainement les vaccins à ARN-messager de Moderna et Pfizer.

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Vaccin contre le Covid-19
La médecine du travail pourra prochainement administrer les vaccins à ARN messager de Moderna et Pfizer.

Plus de doses, et des vaccins autres qu’AstraZeneca… Laurent Berger et Geoffroy Roux de Bézieux ont-ils été entendus ? Lundi 3 mai, le secrétaire général de la CFDT et le président du Medef réclamaient, de concert, un élargissement de la vaccination des salariés par la médecine du travail, alors que celle-ci plafonnait en début de semaine à 63 500 vaccinations (hors vaccination des soignants) depuis la fin février. En visite sur un site du groupe aéronautique Safran dans les Yvelines, la ministre du Travail Elisabeth Borne a annoncé le 5 mai la levée de deux freins à la vaccination par la médecine du travail.

D’une part, 100 000 doses supplémentaires d’AstraZeneca seront livrées dans les services de santé au travail en mai. D’autre part, une vingtaine de sites pilotes commenceront à recevoir des vaccins Moderna et Pfizer, avant une généralisation à tous les centres de santé au travail quand la vaccination sera ouverte à tous les Français de plus de 18 ans, le 15 juin. Elle est actuellement possible aux plus de 18 ans avec comorbidité, mais les médecins du travail, qui n'ont que de l'AstraZeneca, ne peuvent pas les vacciner, puisque ce vaccin est réservé, pour raisons médicales, aux plus de 55 ans...

Safran dans les starting-blocks

Livrer plus de doses d’AstraZeneca permettra de vacciner plus largement les plus de 55 ans qui le souhaitent. Chez Safran, dont les 14 services de santé internes ont vacciné 705 salariés de plus de 55 ans jusqu’ici, la vaccination a été freinée par la pénurie de doses. « Nous avons utilisé 100% des doses que nous avons pu nous procurer, raconte Agnès Martineau-Arbès, coordinatrice santé du groupe Safran. Malheureusement, comme les médecins de ville et les pharmacies, nous n’avons pas eu beaucoup de flacons, il a fallu gérer la pénurie. » Mais depuis quelques temps, les salariés, peu enclins à bénéficier du produit d’AstraZeneca, attendaient les autres. Un seul flacon de Janssen est arrivé chez Safran, le salut ne pouvait pas venir de là…

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Le groupe industriel s’est donc porté candidat pour expérimenter la vaccination par Moderna et Pfizer dès que ce sera possible. « Nous avons besoin de vaccins pour toutes les populations en âge de travailler, nos salariés sont très en demande, poursuit le Dr Martineau-Arbès. En plus c’est très pratique de se vacciner sur son lieu de travail. » Elle espère aussi, et l’a dit à la ministre du Travail, que les approvisionnements seront plus réguliers que jusqu’ici. Pour faire face à l’afflux des demandes, Safran a trouvé un accord avec un prestataire de prise de rendez-vous en ligne dont les données sont conservées en France, afin d’en garantir une confidentialité et sécurité maximales.

Chez Lactalis aussi, les nouveaux vaccins sont attendus avec impatience

La pression s’est moins fait sentir chez Lactalis. Sur les départements d’Ille-et-Vilaine et de Mayenne, couverts par les services de santé propres au groupe laitier, 78 salariés de plus de 55 ans ont été vaccinés, après l’achat de deux frigos correspondants aux normes exigées. « Nous n’avons pas été freinés par les approvisionnements, parce que le public éligible n’était pas si important, indique le Dr Audrey Hirou, responsable santé au travail des sites des deux départements. En revanche, nous sommes très sollicités par des salariés qu’on ne peut pas vacciner à l’AstraZeneca, donc l’arrivée de nouveaux vaccins est une bonne nouvelle. Le principal souci, ce sera la logistique : faudra-t-il aller les chercher dans un centre hospitalier ? Faudra-t-il préparer nous-mêmes les doses, la présence d’un médecin sera-t-elle exigée ? » 

Cédric Aubert, médecin du travail sur le site du Pont-de-Claix de Becton Dickinson, dans l’Isère, attendait aussi avec impatience l’arrivée de nouveaux vaccins. « Nous avons fait le tour des plus de 55 ans intéressés par une vaccination par AstraZeneca – et ils ne le sont pas tous. Et nous avons de nombreuses demandes de salariés à qui on ne peut pas administrer ce vaccin. » Pas de souci de doses, en revanche. « Beaucoup de médecins de ville ne vont plus récupérer leurs doses allouées faute de volontaires, donc elles sont réallouées. Nous n’avons jamais manqué de doses et nous n’en avons jeté ! »

L’ouverture à tous les plus de 18 ans à partir du 15 juin risque de poser quelques problèmes d’organisation à la médecine du travail, mais tous se disent prêts à participer à cet effort collectif.

Avec Roman Epitropakis.

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