La Renaulution va-t-elle profiter à la France ?

Le plan stratégique de Renault prévoit l’assemblage de véhicules électriques dans l’Hexagone, où la production a été divisée par deux en vingt ans.

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Modèle culte de la marque, le Renault 5 fera son retour en version électrique.

« Nous déplaçons notre curseur des volumes à la valeur. » S’il fallait encore une preuve de la volonté de tourner la page des années Ghosn chez Renault, le directeur général Luca de Meo l’a apportée. Avec le plan stratégique baptisé Renaulution, le groupe change de philosophie pour mettre fin à plusieurs années de crise interne.

Champion des petites voitures (68 % des ventes entre 2010 et 2019), Renault veut, désormais, se recentrer sur les segments C et D. La moitié des 24 modèles lancés d’ici à 2025 sera positionnée sur ces véhicules plus rentables et dix au moins seront électriques.

Le groupe abandonne aussi la logique d’internationalisation massive et coupe dans ses capacités de production mondiales, ramenées de 4 millions d’unités en 2019 à 3,1 millions en 2025. La réduction des coûts, déjà engagée par le plan d’économies lancé en 2020, sera poursuivie pour atteindre 3 milliards d’euros en 2025.

Autant de chantiers qui doivent permettre à Renault d’afficher une marge opérationnelle de plus de 3 % en 2023, et d’au moins 5 % en 2025.

Reconnecter Renault à son territoire

Un changement en profondeur, signe d’un renouveau pour les activités de Renault en France ? Peu après son arrivée, en 2020, Luca de Meo avait annoncé vouloir reconnecter Renault à son territoire. Dans les Yvelines, Flins abandonnera la production de la Zoé électrique pour se consacrer à l’économie circulaire. Les usines de Douai et Maubeuge (Nord) seront les fers de lance du groupe dans l’électrique. La première produira la Mégane à batteries et une Renault 5 réinventée.

À terme, 400 000 véhicules électriques pourraient être fabriqués sur place. Des réflexions sont en cours sur un approvisionnement local en batteries avec un partenaire. Mais pas forcément Automotive Cells Company, la coentreprise entre Stellantis et Saft, que Renault, sous la pression de l’État français, doit pourtant rejoindre.

En parallèle, le constructeur annonce une « Software République ». Il va ouvrir 100 000 m2 dans ses installations pour accueillir cet écosystème ouvert dédié à de multiples sujets, dont la cybersécurité et l’intelligence artificielle. Orange, Atos, Dassault Systèmes et STMicroelectronics y sont associés et quelque 1 000 ingénieurs et datascientists de Renault impliqués.

La localisation de le R5 et d'un écosystème logiciel témoigne d'un réengagement de Renault en France.

—  Bernard Jullien, maître de conférences à l’université de Bordeaux

Pas un mot sur les utilitaires

« La localisation de la R5 et de cet écosystème logiciel témoigne d’un réengagement de Renault en France. Avec, pour une fois, un arbitrage en défaveur de la Turquie, qui a la charge du segment B avec la Clio », analyse Bernard Jullien, maître de conférences à l’université de Bordeaux.

« Le groupe se dit attentif à l’avenir de la France. Mais nous attendons de savoir comment cela se traduira pour les 32 000 salariés français, estime de son côté Guillaume Ribeyre, le délégué central CFE-CGC. Et rien n’a été dit sur les véhicules utilitaires, alors que trois sites leur sont dédiés : Maubeuge, Sandouville et Batilly. » Renault a simplement rappelé la création d’une coentreprise avec l’américain Plug Power pour convertir les utilitaires à l’hydrogène. En 2019, 430 000 utilitaires ont été produits par ces trois usines françaises. Soit plus de la moitié des 686 000 véhicules assemblés par Renault dans l’Hexagone.

Des volumes enfin promis à une croissance, après avoir été divisés par deux depuis les années 2000 ? Luca de Meo a demandé à ne pas être jugé « sur le nombre de véhicules produits en France », mais sur « la valeur générée dans ce pays ». Il a désormais tout un plan stratégique pour y parvenir.

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