Six ans après sa création, Carester semble en bonne voie de réussir son pari, pourtant ambitieux. Mi-mars, l’entreprise de 35 salariés a fêté l’obtention, par sa filiale Caremag, de 216 millions d’euros pour construire sa première usine à Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Elle emploiera 92 personnes et sera, surtout, «la première usine de recyclage et de séparation de terres rares lourdes au monde hors de Chine», se félicite Frédéric Carencotte, le président de l’entreprise. De quoi convaincre Jogmec, l’organisation japonaise pour la sécurité des métaux et de l’énergie, aux côtés de son compatriote Iwatani, d’investir (en participation et en dettes), tandis que l’État français apporte 106 millions d’euros.
Une mise en service prévue en 2026
Le site, qui doit entrer en activité fin 2026, se concentrera surtout sur deux éléments : le dysprosium et le terbium, dont il doit produire 600 tonnes d’oxydes par an. Soit 15 % du marché mondial ! Autant dire que le projet est stratégique, car aux côtés du néodyme et du praséodyme (deux terres rares «légères», que l’usine fabriquera aussi, mais en quantités plus négligeables), ces éléments sont indispensables en tant qu’additifs dans les aimants permanents qui donnent leurs performances aux éoliennes et aux moteurs de voiture électrique…
Le constructeur Stellantis a déjà signé un contrat sur dix ans pour acheter à bon prix une partie des terres rares de l’usine. Une sécurité, car la production massive chinoise a pour effet de garder les cours au plus bas et de décourager l’émergence d’alternatives. Prudente, l’entreprise prévoit par ailleurs de s’approvisionner en concentré de terres rares dans onze mines à travers le monde, mais aussi en aimants en fin de vie. Il ne reste qu’à mener le projet.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3741 - Avril 2025



