Une entreprise, c’est une société en miniature, assure Emmanuelle Jungblut, la cogérante du fabricant de pâtes à tarte bio Biobleud. «Notre rêve, c’est qu’elle soit l’image de ce que l’on souhaiterait pour la société en général», déclare-t-elle. La PME bretonne a poussé loin le concept, faisant de la RSE sa colonne vertébrale. «Notre stratégie repose sur les sept piliers de la RSE, qui guident tous nos indicateurs et plans d’action», détaille la dirigeante.
L’environnement et le social sont intimement liés pour Biobleud (farine bio, en breton), fondé en 1991. Les locaux, construits en 2015 à Ploudaniel (Finistère), puis agrandis en 2019, ont été éco-conçus et pensés pour être «agréables à vivre pour les 35 salariés», explique Emmanuelle Jungblut, qui évoque, pêle-mêle, la lumière naturelle dans les ateliers, l’insonorisation, le cadre arboré, les potagers…
Avec Vefa Zanchi, l’autre cogérante de Biobleud, elle défend un «management collectif et collaboratif». L’entreprise est très peu hiérarchisée : «L’organigramme est quasiment plat. Ça permet à chacun de travailler en autonomie et sans pression.» Cette philosophie s’exprime aussi dans la rémunération : l’écart entre les plus bas et les plus hauts salaires était de 2,9 en 2023.
Une entreprise « solide, résiliente »
Cette organisation implique une communication permanente. Outre les réunions ponctuelles, Biobleud s’est doté d’un comité RSE qui regroupe un quart des salariés et se réunit chaque semaine. «Il peut décider par exemple de l’opportunité de la diversification d’une gamme», raconte Emmanuelle Jungblut. Biobleud entretient aussi des relations «équilibrées et durables» avec ses autres parties prenantes : fournisseurs, clients, partenaires financiers, collectivités locales… Elles sont régulièrement informées de la politique de l’entreprise et parfois consultées. Les contrats avec les fournisseurs sont signés pour plusieurs années. «Cela assure des débouchés aux agriculteurs et sécurise nos approvisionnements», explique la cogérante, selon qui cette stratégie RSE rend Biobleud « solide, résiliente ».
Chahutée par la crise du bio, Biobleud, dont le chiffre d’affaires s’élevait à 9,3 millions d’euros en 2023, a renoué en 2023 avec la croissance. De quoi lancer, cet été, des travaux d’extension (600 m2 en plus des 3 500 actuels). Toujours dans une logique d’éco-construction… et avec quelques embauches à la clé.



