En dépit des incertitudes autour de la politique climatique de l’Union européenne au lendemain des élections européennes de juin, les PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) poursuivent leur décarbonation à petits pas. Selon la deuxième édition de l’étude du cabinet de conseil BCG et du fonds d’investissement Argos Wityu consacrée au sujet et publiée ce jeudi 30 mai, 17% de ces entreprises ont fortement investi dans ce domaine après avoir fait un bilan carbone et construit un plan de décarbonation.
En 2023, 11% des PME et ETI questionnées déclaraient être dans cette situation. Les résultats de l’étude sont issus des réponses de 700 entreprises de moins de 1000 salariés et dont le chiffre d’affaires est sous la barre du milliard d’euros. Ces sociétés se trouvent en France, en Allemagne, en Italie, mais aussi en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg.
Plus de 40% des entreprises déclarent avoir investi "fortement"
Pour les auteurs de l’étude réalisée en mars dernier, mesurer ses émissions et planifier leur réduction est la meilleure méthode pour calibrer au mieux son effort de décarbonation pour une entreprise, en plus d’investir suffisamment. De façon plus globale, la part des entreprises ayant investi fortement dans la baisse de leurs émissions, y compris sans avoir conduit de plan de décarbonation, a progressé de cinq points par rapport à 2023, à 43%. En miroir, la proportion des PME-ETI les moins avancées dans la décarbonation recule de cinq points, à 22%.
Un facteur d'attractivité des talents
Les répondants citent la réglementation comme incitation principale pour se décarboner. Suivent les prix de l’énergie et les demandes de leurs clients, les grands groupes. Autre enseignement de l’étude : des dynamiques différentes semblent être à l’œuvre en fonction des pays. La part des sociétésdans une logique d’investissement forte a augmenté de plus de dix points par rapport à 2023 en France et en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg. A l’inverse, elle évolue peu en Allemagne et en Italie.
Désormais, 40% des PME et ETI estiment par ailleurs que la décarbonation est un facteur d’attractivité des talents, contre seulement 25% un an plus tôt. En revanche, seules 29% des sociétés qui ont investi fortement dans leur virage vert rapportent des effets à la hauteur de leurs attentes.



