En mars 2023, le président de la République Emmanuel Macron présentait le « Plan Eau ». Ce dernier se traduit par 53 mesures destinées à répondre aux défis posés par le changement climatique notamment. Parmi elles : 10% de réduction de la consommation d’eau d’ici à 2030, ou des incitations à privilégier les ressources d’eaux non-potables. Si de nombreuses filières, industrielles ou non, sont concernées par ces mesures, la RATP (impliquée au sein de la filière ferroviaire) a engagé cette démarche à titre individuel.
© Hamdi CHREF « Nous avons tout de même souhaité prendre les devants, et structurer un plan de sobriété hydrique selon les mêmes conditions que les filières », explique Nathalie Jarosz, responsable du Pôle Eau, Déchets, Economie Circulaire au sein de la Direction Stratégie et Ville Durable (SVD) du groupe RATP.
Les multiples défis de la revalorisation des eaux non-potables
Cette initiative converge avec les objectifs des orientations RSE stratégiques entérinés en juin 2023 par Jean Castex, le PDG de la RATP. Toutefois, le Groupe est proactif depuis longtemps sur le sujet de l’utilisation de l’eau. En l’occurrence, la revalorisation des eaux d’exhaure (qui sont des eaux non-potables, mais analysées et utilisables) fait partie intégrante du programme d’innovation « Smarter City » depuis 2 ans. L’objectif : L'objectif : travailler à la valorisation de près de 8 millions de m3 par an.
Et les défis sont multiples. La partie juridique, par exemple, importe également : les eaux d’exhaure n’entrent dans aucun cadre réglementaire existant. Il a donc fallu travailler avec les autorités (Agence Régionale de Santé et Ministère de la Santé entre autres) pour investiguer sur les enjeux règlementaires associés. Les enjeux sont aussi d’autres natures : trouver de nouveaux cas d’usage tout en donnant de la visibilité auprès de partenaires tiers à ces volumes disponibles !
Si le Plan Eau n’est pas directement contraignant pour la RATP, il a toutefois donné un coup de fouet aux initiatives déjà mises en place. Tout d’abord car il demande de formaliser des stratégies hydriques, et donc de prioriser les chantiers. Mais aussi parce que le plan est transverse à l’entreprise, et embarque de nombreux métiers. Validé en décembre 2023, il définit de manière claire les 4 domaines d’activités prioritaires, et permet au groupe d’accélérer sa mise en œuvre depuis 2024.
Une stratégie de sobriété menée sur plusieurs fronts
Pour la RATP, ce plan s’inscrit dans une logique de « bon sens » et dans un contexte climatologique qui s’aggrave. Aussi, l’utilisation des eaux d’exhaure pour les usages hors-sanitaire prend tout son sens : maintenance, lavage, arrosage, etc. « C’est l’une des questions de ce sujet d’innovation : quels usages actuellement en eau potable pouvons-nous décemment basculer en eau non-potable ? », interroge Nathalie Jarosz.
Pour répondre à la question, l’établissement public s’entoure de partenaires, lance des pistes de réflexions, à travers notamment un consortium scientifique dédié à la valorisation des eaux d’exhaure mis sur pied en 2023. Ces initiatives concertées commencent à porter leurs fruits, avec déjà des idées pour les années à venir et des actions concrètes qui verront le jour dès 2024. « Nous travaillons avec l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) pour cartographier les eaux d’exhaure et dégager des cas d’usage. Nous avons par exemple démarré un projet d’alimentation des sanitaires du siège social de la RATP, car nous avons des ressources juste en dessous du bâtiment ! », raconte Nathalie Jarosz. Elle précise encore que « nous étudions systématiquement la faisabilité d’utiliser des eaux non-potables dans tous les projets de la RATP ».
Après la validation des grands chantiers structurants du plan de sobriété hydrique, la formalisation des différents plans d’actions est en cours de finalisation et les grandes orientations seront remis à la direction fin 2024.
Le Groupe prend donc effectivement les devants sur toutes ces actions en faveur de la sobriété hydrique dans ses activités. Et avant toute chose, il travaille sur la connaissance et le comptage de ses consommations. Si un outil de supervision est déjà opérationnel (eau, chauffage, gaz, électricité, etc.), il est question d’aller plus loin sur le sujet, principalement à travers des capteurs complémentaires. « Nous avons un double enjeu sur ce sujet : d’abord le déploiement d’un réseau de sous-comptage, avec des capteurs connectés, permettant de suivre la consommation de certaines activités particulières, puis le challenge de la remontée de la donnée dans des conditions parfois contraignantes », explique encore la responsable. Elle travaille notamment avec la DSI sur ce dernier point, en utilisant les réseaux existants les plus appropriés.
Bien qu’encore aux prémices de ce plan d’actions en faveur de la sobriété, la RATP est donc plus que volontaire. Elle prévoit jusqu’à 8 millions d’euros d’investissement d’ici à 2030 sur ces sujets. Un signe fort alors que l’on célèbre la journée mondiale de l’environnement ce 5 juin 2024.
Contenu proposé par RATP
