Dix ans que la métallurgie n’avait pas revu son accord sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes… «Il était temps de s’y mettre ! La société a connu des évolutions sociétales importantes», commente la négociatrice de la CFE-CGC, Michèle Brient. L’accord trouvé en février entre l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et une majorité d’organisations syndicales se veut un guide pour l’action. Il n’impose rien, mais propose.
Premier objectif : lutter contre les écarts de salaires. En diminution, ils sont de 2,9 % chez les cadres, de 3,2 % chez les non-cadres, où ils refluent plus lentement. À l’avenir, leur étude se fera à l’échelle, fine, de la classe emploi créée par la nouvelle convention collective. Les syndicats avaient demandé qu’une enveloppe dédiée aux rattrapages des inégalités femmes-hommes soit discutée à part, lors des négociations annuelles obligatoires. L’UIMM a refusé.
Réduire les écarts de salaire
Deuxième objectif de l’accord : lutter contre les écarts de carrière. Lors des entretiens professionnels, les salariés seront encouragés à candidater à des postes de manager, et un bilan sur la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle leur sera proposé. Troisième objectif : améliorer la mixité. Il y avait 22% de femmes en 2016, 23% en 2022. Pour améliorer leurs conditions de travail et rendre la branche plus attractive, l’accord suggère de former managers et recruteurs à la non-discrimination, mais aussi à la lutte contre les agissements sexistes, le harcèlement et les stéréotypes. Original, il prévoit de discuter avec l’Opco 2i d’une majoration des prises en charge des contrats de professionnalisation signés avec des femmes. L’objectif est d’encourager leur reconversion professionnelle vers un métier de la métallurgie. Alors que le sujet monte dans les entreprises, l'accord ne prévoit rien pour les aidants. Peut-être plus tard.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3730 - Mai 2024



