[L’instant tech] Pourquoi la start-up Varda Space veut envoyer une usine dans l’espace

La start-up américaine Varda Space Industries veut lancer sa première mini-usine dans l’espace en 2023. Mise en orbite par SpaceX, celle-ci volera trois mois et devrait rapporter sur terre 40 à 60 kilos de biens à haute valeur ajoutée, comme de la fibre optique ou des produits pharmaceutiques.

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Lancement de la mission Sentinel-6 à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX, 21/11/2020
La fusée de SpaceX Falcon 9 se chargera de mettre en orbite la première usine spatiale commerciale.

La magie de l’industrie, jusque dans les étoiles. SpaceX, l'entreprise américaine championne des lanceurs réutilisables, lancera en 2023 le premier satellite de la start-up Varda Space Industries : une mini-usine expérimentale, vouée à produire en orbite de manière autonome des produits à haute valeur ajoutée. Ce premier vol devrait durer trois mois et rapporter sur terre entre 40 et 60 kilos de biens, dont la nature précise n’a pas été dévoilée.

La start-up, créée en 2020 par un ancien collaborateur d’Elon Musk – qui a travaillé près de dix ans sur les vaisseaux Crew et Cargo Dragon – sera la première à produire en microgravité. L’idée n’est cependant pas nouvelle :  ce projet séduit notamment Airbus, qui a annoncé en mars 2021 se lancer dans la fabrication d'une usine spatiale pilote. Surtout, la Station spatiale internationale (ISS) abrite régulièrement des expériences vouées à exploiter la microgravité pour améliorer la fabrication de certains produits

« Marchés à haute valeur ajoutée »

« Les produits manufacturés par Varda dans l’espace visent des marchés à haute valeur ajoutée comme les câbles de fibre optique, les produits pharmaceutiques et les semi-conducteurs – qui atteignent tous de meilleures performances lorsqu’ils sont produits en zéro-gravité », considère la start-up dans un communiqué. Une affirmation qui s’appuie sur de nombreux essais concluants abrités par l’ISS ces dernières années.

En novembre 2019, l’entreprise Fiber Optic Manufacturing in Space (FOMS) annonçait avoir produit, pour la première fois, de la fibre optique dans l’espace. Son module de fabrication, de la taille d’un attaché-case, avait produit une fibre de qualité hors du commun – la microgravité évitant la formation d’impuretés dans le cristal – offrant une efficacité dans la transmission des données 100 fois meilleure que ses alternatives terrestres.

Usine de 120 kilos

La même année, en juillet, l’ISS accueillait la BioFabrication Facility (BFF), une cellule de bio-impression codéveloppé par les entreprises nScrypt et Techshot, permettant d'imprimer… des tissus cardiaques dans l’espace. Là, la microgravité permettrait de conserver les cellules en suspension pendant l’impression et de se passer de la matrice d’hydrogel communément utilisée sur Terre. De quoi, selon les scientifiques, produire des structures cellulaires 10 fois plus grandes.

Le module de fabrication de Varda Space Industries devrait, lui, s’adapter aux besoins de ses futurs clients, au gré des contrats. Abrité par un vaisseau Photon du constructeur américain Rocket Labs, il est constitué de la machine de production ainsi que d’un module de retour dans l’atmosphère, pour un total de 120 kilos. Le module voguera de manière autonome avant de renvoyer sa production.

Le contrat entre la start-up – qui a effectué sa première levée de fonds de 42 millions de dollars (36 milliards d'euros) en juillet 2021 – et le constructeur prévoit d’ores et déjà un deuxième lancement, dès 2024. Avec l’ambition affichée de rapidement augmenter la taille de sa production jusqu’à, éventuellement, finir par mettre en orbite une usine de la taille de l’ISS, voire… 10 fois plus grande.

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