[L’instant tech] L'américain Relativity Space valide le premier étage de sa fusée imprimée en 3D

La licorne américaine Relativity Space a réalisé avec succès les tests du premier étage de sa fusée intégralement imprimée en 3D, Terran 1. Une étape majeure avant son premier lancement, prévu début 2022.

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Imprimante Stargate - Relativity Space
Un opérateur de Relativity Space inspecte une pièce imprimée par la technologie de l'entreprise.

Un point d’étape clé pour une technologie de rupture majeure. Le 8 octobre, la licorne américaine Relativity Space a annoncé avoir réalisé avec succès les tests hydraulique, cryogénique et de pression du premier étage de sa fusée, Terran 1. Une étape indispensable pour effectuer le premier vol de l’appareil, prévu début 2022, et réaliser un pari fou : faire voler une fusée entièrement imprimée en 3D.

En développement depuis 2017, l’appareil, composé de deux étages, est voué à envoyer en orbite basse des satellites de 1 250 kilos. Pour le fabriquer, Relativity Space a développé sa propre cellule de fabrication additive, Stargate. Celle-ci est capable d’imprimer des pièces de 3,4 mètres de diamètre et de 7,6 mètres de hauteur. Ce qui en fait la plus grande imprimante 3D métallique du monde.

Une fusée en 60 jours

Equipée de technologies d’intelligence artificielle et de robotique, cette machine effectue de manière autonome l’impression, mais aussi l’inspection et les post-traitements dans une même cellule. Elle est chargée de produire plus de 90% de la fusée en faisant fondre un câble métallique. Les plus petites pièces, elles, sont imprimées avec une machine plus conventionnelle de fusion laser de poudres. Le tout, avec un alliage d’aluminium propriétaire de l’entreprise.

D’après Relativity Space, l’usage de ces technologies permet de réduire drastiquement le nombre de pièces impliquées dans la fabrication de la fusée… et de réduire son temps de production, des matières premières au lancement, à moins de 60 jours. A titre de comparaison, le lanceur Vega d’Arianespace, situé sur le même segment que Terran 1, requiert près d'un an de fabrication.

La vitesse de fabrication de la fusée va de pair avec celle de son développement… et de celui de l’entreprise. Les tests du premier étage de Terran 1 interviennent un mois après ceux, réussis, du deuxième étage de la fusée. En 12 mois, Relativity Space a finalisé l’architecture de son lanceur, développé un nouveau moteur, amélioré ses matériaux, et décuplé ses ressources humaines, passant de 150 à plus de 500 salariés.

Valorisée à 4,2 milliards de dollars

En parallèle, l’entreprise a finalisé sa plateforme de lancement sur la base de Cap Canaveral (Floride). Et fait un pas vers sa certification : l’administration fédérale américaine de l’aviation (FAA) a effectué un audit de la société et proposé de lui délivrer une licence d’opérateur de transport spatial. L'entreprise s'était conformé peu avant à ses exigences de sécurité, gestion du risque et responsabilité financière.

Relativity Space est en bonne voie pour devenir un nouvel acteur phare du spatial américain. Depuis sa dernière levée de fonds de 650 millions de dollars (562 millions d’euros), en juin 2021, Relativity Space est évaluée à 4,2 milliards de dollars (3,63 milliards d’euros). Cela en fait la seconde entreprise privée la mieux évaluée du secteur, derrière SpaceX. Sa concurrence est ainsi toute désignée. Relativity Space entend d’ailleurs faire voler dès 2024 un nouvel appareil, Terran R, d’une capacité de charge prévue de 20 tonnes et surtout… réutilisable. 

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