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Arianespace réussit une mission cruciale avec le retour en vol de la fusée Vega

[ACTUALISÉ] Décollage réussi pour Vega. La fusée européenne a mis sur orbite le satellite Pléiades Neo d’Airbus le 28 avril. Après avoir subi deux échecs en 2019 et en 2020, le lanceur commercialisé par Arianespace jouait sa crédibilité.

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Retour en vol fusée Vega Arianespace avril 2021
Pour son retour en vol, la fusée Vega embarquait le premier satellite de la nouvelle constellation d’observation de la Terre d’Airbus Defence and Space.

Soulagement chez Arianespace. La fusée européenne Vega, le plus petit lanceur commercialisé par l'entreprise française, a fait son retour en vol. Revenir sur le pas de tir après un échec représente toujours une mission délicate pour un lanceur. Dans la nuit du 28 au 29 avril, la fusée a réussi à mettre sur orbite le premier satellite de la nouvelle constellation d’observation de la Terre d’Airbus Defence and Space et également cinq petits satellites supplémentaires.

Pour son 18e tir (VV18), Vega a décollé le 28 avril à 22h50 du Centre spatial guyanais (3h50 le 29 avril à Paris). « VV18 est maintenant terminé - une autre mission réussie et une démonstration étonnante de la force et de la capacité de l'Europe à coopérer !  », s'est félicité sur Twitter le patron d'Arianespace, Stéphane Israël.

Retrouvez ci-dessous la retransmission du décollage de la mission VV18.

Arianespace n’avait pas le droit à l’erreur.

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Un nouvel échec aurait été catastrophique pour la crédibilité du lanceur après les deux déconvenues survenues les deux années précédentes. Pour son 17e tir, dans la nuit du 16 novembre 2020, Arianespace avait perdu le contrôle du lanceur suite à un problème moteur au niveau du quatrième étage. Les deux clients, le CNES et le centre espagnol pour le développement des technologies industrielles, avaient perdu leurs satellites. Le 10 juillet 2019, le lanceur subissait son premier échec après 14 succès d’affilée. Il avait échoué à mettre sur orbite le satellite d’observation FalconEye1 des Émirats Arabes Unis.

Dans les deux cas, les raisons des échecs étaient très différentes. En 2019, il s’agissait d’un problème de design du dôme avant du moteur ; en 2020, l’accident trouvait ses origines dans des erreurs humaines sur la chaîne de fabrication du lanceur sous contrôle du maître d’œuvre industriel, le groupe italien Avio. 

Une préparation minutieuse

Toutes les précautions ont été prises pour remettre Vega dans le droit chemin. « Les opérations de production du lanceur Vega, ainsi que la préparation du VV18 ont été minutieusement préparées par Avio, maître d’oeuvre industriel du lanceur Vega, sous la supervision d’Arianespace et de l’ESA, en suivant l’ensemble des recommandations qui avaient été formulées par la Commission d’enquête indépendante mise en place après l’échec du vol Vega numéro 17 (VV17) », a souligné Arianespace dans son communiqué de pré-lancement.

Lancée pour la première fois en février 2012, Vega est adaptée pour lancer les petits et moyens satellites, soit des masses entre 1,3 tonne et 2,5 tonnes en fonction des orbites visées. Elle complète Ariane 5, le lanceur lourd qui est capable de lancer 10,5 tonnes vers l’orbite géostationnaire, et Soyouz, le lanceur moyen capable de lancer des charges utiles de 3,5 tonnes.

Le marché des petits satellites

Vega a été spécialement conçue pour prendre en charge le nombre croissant de petits satellites (nanosatellies, cubesats...) développés par les laboratoires, les start-up, les universités…. C’est aussi l’un des atouts d’Arianespace pour s’imposer sur le marché des lancements partagés de satellites inférieurs à 500 kilos (hors constellation). Ce segment du marché est estimé à 200 millions d’euros par an avec environ 250 satellites à lancer tous les ans sur la prochaine décennie.

Pour cela, Vega est équipé du nouveau dispositif SSMS (Small Spacecraft Mission Service) qui permet de réunir plusieurs dizaines de satellites pour faire des envois groupés. « Il permet de lancer en même temps plusieurs petits satellites dont la masse varie entre 1 kg et 500 kg afin de répartir les coûts du lancement entre les clients », explique Arianespace. En septembre 2020, le lanceur avait ainsi mis sur orbite plus sept microsatellites (de 15 kg à 150 kg) et 46 cubesats plus petits.

L’Agence spatiale européenne met la dernière main à une version plus performante de Vega baptisée Vega-C. Officiellement prévu juin 2021, son premier vol pourrait toutefois être repoussé en 2022.

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