Aventure des temps modernes ou délire inutile de milliardaires ? Après Jeff Bezos (Blue Origin) et Richard Branson (Virgin Galactic) en juillet dernier, Elon Musk vient à son tour de mettre un pied dans le tourisme spatial se gardant toutefois de mettre lui-même le nez dans le cosmos. En envoyant quatre touristes dans l’espace mi-septembre, sa société SpaceX a mis à contribution son lanceur Falcon 9 et sa capsule Dragon. Et alors ? Condamnée à rester une niche, en quoi cette activité intéresse le commun des mortels, dont certains y voient une vaine débauche d’argent et d’énergie ? «Finalement, ce vol n’est pas beaucoup plus long en distance qu’un Paris-Lyon», s’amuse François Chopard, patron de Starburst Accelerator qui investit notamment dans les start-ups du new space.
Derrière la boutade, un constat : le tourisme spatial est révélateur de l’accessibilité accrue de l’espace, de son rapprochement avec la Terre.
«La possibilité de multiplier les allers retours dans l’espace va réduire les coûts de transport et permettre à la production dans l’espace de bâtir un modèle économique viable», lance François Chopard. Jusqu’à présent, l’espace était un business pour les télécommunications, demain, il pourrait le devenir pour l’industrie. Evoquée depuis plusieurs décennies, la fabrication dans l’espace pourrait vraiment décoller, à la faveur d’un effondrement du coût de transport qu’offrent les lanceurs des nouveaux acteurs du spatial.
Voyage vers l'espace ou autoroute vers l'enfer?

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L’absence de gravitation émoustille ingénieurs et chercheurs : alliages métalliques plus solides, fibre optique de 10 à 100 plus performante, médicaments plus efficaces, organes humains synthétiques plus homogènes, voire même des engins spatiaux alors affranchis de la gravité… A tel point que Jeff Bezos, également patron d'Amazon, prévoit qu’une dizaine de milliers de personnes travailleraient en permanence dans l’espace d’ici 5 à 10 ans. Il n’est pas le seul à se montrer enthousiaste, à voir les start-up déjà opérationnelles telles que Made in Space (impression 3D), Space Tango (médical) ou bien encore FOMS (fibre optique). Certains, dont Amazon (encore !), imaginent même de placer des data centers dans l’espace, évitant les dépenses dédiées à leur refroidissement…
Après la route de la soie, la route vers l’espace ? Un nouvel horizon industriel se dessine, mais qui n’est pas sans poser question. Alors que les expressions "new space" et "far west" sont de plus en plus souvent associées, une régulation internationale de ces activités spatiales dirigées par des sociétés privées semble incontournable. Gestion des flux, pollutions diverses, impact environnemental, risques de collision… Sur Terre comme dans l’espace, un minimum de contrôle permet à l’industrie de corriger certains de ses travers.



