«Malgré les défis, Iter fait des progrès.» L’organisation Iter a dressé un état des lieux de l’avancée du chantier de son site expérimental de fusion nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), dans une spectaculaire vidéo tournée par un drone en octobre 2023 et publiée le 18 décembre. L'objectif du projet international est de démontrer la viabilité scientifique et technologique de la production contrôlée d'énergie via la fusion nucléaire. Mais d’importants problèmes industriels au sein du «tokamak», la machine en forme de donut chargée d'abriter le processus de fusion, avaient reporté la date du projet.
Des problèmes de corrosion avaient été détectés dans les tuyaux de refroidissement qui enserrent les boucliers thermiques de la chambre à vide en novembre 2022, provoquant le gros du retard du projet. «Le module numéro six a été retiré pour être réparé», indique Iter dans sa vidéo. La date de la première fusion du projet, initialement prévue pour 2016 avait été reportée à 2025 mais n’arrivera finalement pas avant 2030.
Les bobines sont presque prêtes
Parmi les avancées, la fabrication des différents types de bobines arrive à son terme. Pour confiner le plasma, 18 bobines – dites «de champ toroïdal» – seront positionnées verticalement, autour de la chambre à vide. Hautes de 17 mètres, larges de 7 mètres et pesant chacune 360 tonnes en comptant leur boîtier, ces bobines représenteront, à elles seules, le quart du poids total du tokamak. Leur fabrication est désormais terminée et presque toutes sont déjà sur site, attendant dans un immense hangar.
Afin de stabiliser et maintenir le plasma à l'écart des parois, six bobines horizontales – dites «de champ poloïdal» - seront positionnées à l'extérieur de la structure magnétique toroïdale. En raison de leur taille - plus de 24 mètres pour la plus grande et 400 tonnes pour la plus lourde -, quatre de ces six bobines sont assemblées sur site dans un bâtiment dédié. Une dernière attend d’être terminée et testée avant de rejoindre les cinq autres bobines dans la fosse du tokamak.

- 2.2337+2.05
3 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
Lors du survol des 1,8 km² du site, le drone s’arrête également sur les pompes mécaniques et cryogéniques, qui viendront pomper l’air de la chambre à vide de 1 400 m³. Cette opération durera entre 24h et 48h compte tenu du volume de l’anneau. Dans l’usine cryogénique, des fluides de refroidissement sont générés pour les pompes ainsi que les aimants et les boucliers thermiques. «Près de 25 tonnes d’hélium liquide à -269°C circuleront dans l’installation durant l’opération», précise Iter dans la vidéo.
10 fois la température du soleil dans le cœur du réacteur
À l’intérieur du cœur du réacteur, le tokamak, du gaz d'hydrogène sera injecté dans une chambre à vide en forme d’anneau. Le gaz sera alors soumis à une température et une pression extrêmes afin d’être transformé en plasma. Ce gaz chaud et électriquement chargé sera à son tour soumis à un courant électrique, qui viendra exciter les ions et électrons. D’autres techniques de chauffage s’ajouteront alors afin de pousser la température à plus de 150 millions de degrés, soit 10 fois la température du cœur du soleil, afin que les réactions de fusion deviennent possibles.
L’énergie générée par la fusion des noyaux atomiques dans le Tokamak sera alors absorbée sous forme de chaleur par les parois de la chambre. Puis, à l’instar des centrales classiques, la centrale de Cadarache utilisera cette chaleur pour produire de la vapeur, qu’elle transformera en électricité à l’aide de turbines et d’alternateurs. Si tout va bien, il ne reste plus que six ans avant d’assister à cet exploit.



