Orano s’apprête à prendre part au projet de réacteur de fusion nucléaire Iter, en construction à Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône), près du centre d’études nucléaires de Cadarache. Le spécialiste français du combustible nucléaire a annoncé jeudi 16 novembre que sa filiale dédiée à l’ingénierie Orano Projects avait remporté un contrat pour fournir son expertise en analyses de sûreté de fonctionnement et en soutien logistique intégré au projet porté par 35 pays.
D’une durée de deux ans avec la possibilité de le rallonger une année, l’accord porte sur «l’ensemble des systèmes, structures et composants du réacteur», indique Orano dans un communiqué. Il précise qu’il fournira «une expertise sur le contenu des analyses de sûreté de fonctionnement réalisées par les différents fournisseurs du projet Iter» et qu’il émettra des recommandations techniques.
Concrètement, son expertise servira à valider les études d’ingénierie réalisées par les porteurs du projet. Celles-ci définissent des choix de conception garantissant la fiabilité du dispositif ainsi que le système de maintenance, soit, entre autres, les ressources humaines nécessaires à son bon fonctionnement, et les besoins en outillage et pièces de rechange. «Le choix d’Orano par Iter témoigne des capacités et de son expérience uniques, acquises depuis la conception jusqu’à la maintenance d’installations nucléaires complexes», s’est félicité l’industriel.
Accumulation de retards
Si elle devait commencer en 2006, la construction du réacteur de fusion nucléaire Iter n’a débuté qu’en 2010. Résultat, sa mise en service prévue pour 2016 a été repoussée à 2019. Les premiers essais ont ensuite été programmés pour 2020 avant d’être reportés à 2025 puis à après 2030. En effet, des défauts de fabrication et d’assemblage sur des composants clés du tokamak, l’enceinte contenant le plasma en fusion, ont été découverts en 2022. Dans le détail, Iter a détecté des problèmes de corrosion sous contrainte sur certains éléments ainsi que des écarts dimensionnels importants par rapport aux plans qui rendent le soudage final de l’infrastructure bien plus difficile à réaliser.



