C’est le pilier central de la stratégie de réindustrialisation et d’innovation prônée par Emmanuel Macron. Le 12 octobre 2021, le président avait dévoilé en grande pompe à l’Elysée ses dix grandes ambitions, et six leviers à mobiliser, pour permettre à la France de rester dans la course de l’innovation mondiale. Un an après, la Première ministre juge positif le premier bilan de ce plan doté de 54 milliards d’euros sur cinq ans. Elisabeth Borne réunit vendredi 18 novembre à Matignon, à Paris, le comité France 2030. Il regroupe partenaires sociaux, élus, filières industrielles et collectivités, à l’issue d’une visite du laboratoire Charles Fabry, à l’Institut d’Optique de l’université Paris-Saclay dans l'Essonne.
Plus d'un millier de projets déjà soutenus
A la fin du mois de septembre, 8,5 milliards d’euros ont été investis par France 2030 dans 1 750 projets émanant de grandes entreprises, de PME, de start-up, de collectivités et d’universités. L’objectif de 10 milliards d’euros d’engagement pour 2022 devrait être atteint à la fin de l’année 2022. Cela marque une accélération nette par rapport aux plans précédents. «En moyenne, le rythme des programmes d’investissement d’avenir (PIA) était plus autour de 2,5 à 3 milliards d’euros par an», pointe-t-on à Matignon.
Pour le gouvernement, France 2030 a rempli son contrat. La moitié des fonds ont irrigué des «acteurs émergents», que ce soit des PME, des start-up ou des territoires industriels. La moitié de l’enveloppe est aussi allée à des projets da décarbonation. «Ce plan se déploie dans un moment de bascule», insiste le cabinet de la Première ministre. Alors que les Etats-Unis déploient leur Inflation reduction actde 370 milliards de dollars, Matignon juge France 2030 d’autant plus stratégique «pour éviter un décrochage technologique». Le durcissement des conditions de financement depuis le printemps a aussi limité les levées de fonds des start-up. «Il existe un risque de perdre une génération d’entreprises technologiques qui ne seraient pas capables de se refinancer», juge-t-on au gouvernement. Pour autant, pas question de rehausser à ce stade l’effort. «La priorité est d’exécuter France 2030, pas de l’augmenter», tranche Matignon.
Dans le détail, les équipes de Bruno Bonnell, le pilote de France 2030, ont identifié, en dehors du projet Nuward porté par EDF, trois projets de petits réacteurs SMR qui devraient bénéficier de financements début 2023. Huit micro-lanceurs de satellites ont été soutenus. Alors que France 2030 se fixe comme objectif de porter la production de véhicules électriques en France à 2 millions en 2030, «les projets déjà annoncés représentent déjà la moitié du chemin, avec un million de véhicules», se félicite Matignon. Des fonds de France 2030 ont aussi été mobilisés pour subventionner la future usine de semi-conducteurs de GlobalFoundries à Crolles.

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Maintenir le rythme d'investissement en 2023
Pour la suite, le gouvernement pointe des pistes d’amélioration. Avec cinquantaine d’appels à projets différents lancés, le dispositif reste complexe et peu lisible pour les plus petites entreprises. Un paradoxe, alors qu'il vise justement à favoriser l'émergence de nouveaux acteurs, hors des sentiers battus. Le gouvernement veut simplifier les appels à projets. Des expérimentations seront lancées début 2023 sur certains d’entre eux. Afin de renforcer les liens avec les collectivités et les territoires industriels, des sous-préfets chargés de France 2030 et des investissements vont aussi être déployés en région. L’accompagnement des start-up devrait aussi être renforcé.
L’objectif pour 2023 est de maintenir le rythme d’investissement. France 2030 devrait à nouveau engager 10 milliards d’euros l’an prochain dans ses différents appels à projets. La Première ministre entend mettre davantage l’accent sur la prise de risque dans le choix des lauréats. Le soutien à la création de start-up deep tech issues de la recherche devrait être renforcé, à hauteur de 500 millions d’euros. Un dispositif spécifique va aussi mis en place l’an prochain pour subventionner davantage des grands projets «hors normes», comme celui de GlobalFoundries, qui bénéficieront de 5 milliards d’euros réservés au total. Une façon de combler une partie des écarts de compétitivité, avec les Etats-Unis notamment.



