Une nouvelle ère s'ouvre pour les pôles de compétitivité. Le 2 août, le gouvernement a lancé un appel à candidature pour la cinquième phase de ces dispositifs de soutien à l’innovation – la précédente prenant fin en décembre 2022. Après bientôt 18 ans d’existence, les pôles voient donc leur fonctionnement prolongé jusqu’en 2026 au moins. Cette nouvelle phase met l’accent sur l’interaction des pôles de compétitivité avec leur écosystème, notamment avec les Instituts de recherche technologique (IRT) et Sociétés d’accélération du transfert technologique (Satt), ainsi que sur leur intégration dans le tissu industriel.
Participeront à cette nouvelle phase les « pôles de compétitivité capables d’implémenter des politiques nationales et régionales d’innovations comme France 2030 », est-il indiqué dans le cahier des charges émis par le ministère de l’Economie. Cette nouvelle orientation va de pair avec la volonté de « faire émerger des écosystèmes plus forts ». Pour cela, l’appel à candidature encourage vivement « la fusion ou le rapprochement de pôles entre eux ou avec d'autres structures ».
Bâtir des synergies entre pôles de compétitivité
Les 53 pôles actuels ne passeront pas tous l’hiver 2022. « La lisibilité du label pôle de compétitivité sera renforcée pour la phase V par la sélection des pôles sur la base de critères plus exigeants », sont-ils prévenus dans le cahier des charges. Les plus petits d’entre eux, affichant un nombre d’adhérent moyen inférieur à 150 sur la période 2019-2022, pourraient ainsi être disqualifiés.
Selon un décompte de L’Usine Nouvelle basé sur les données de la Direction générale des entreprises (DGE), 7 pôles affichaient 150 adhérents ou moins à la mi-2021 – le nombre moyen d'adhérents étant de 345 membres. Mais ce chiffre à lui seul ne démontre pas de « dynamique d’adhésion cohérente » sur la même période : les pôles de compétitivité ayant davantage d’adhérents mais en stagnation pourraient ainsi ne pas être conservés eux aussi.
Cette volonté va de pair avec celle d’encourager les fusions et rapprochements stratégiques « de façon à bâtir des synergies », avec d’autres pôles de compétitivité ou des clusters, critère qui a une place centrale dans le dossier de candidature. « Ainsi, dès lors que plusieurs structures coexistent sur une même thématique, les candidatures présentant un projet de fusion entre des structures aujourd’hui distinctes seront préférées à des candidatures individuelles, lorsque c’est pertinent », est-il indiqué dans le document.
Et les thématiques en doublons sont nombreuses. Toujours d’après les données de la DGE, L’Usine Nouvelle décompte 7 pôles partageant la thématique « hydrogène », 8 celle de « industrie du futur », 4 pour la « robotique », 6 pour « IoT » (objets connectés), 10 « environnement », …
Accélérer la décarbonation des filières industrielles
Autre élément central de cette cinquième phase – outre un ancrage européen fort et des financements principalement privés – les pôles candidats sont doivent « s’engager à conduire des actions ambitieuses et cohérentes portant sur certaines priorités nationales et régionales », le plan France 2030 en tête. Surtout, il leur est demandé pour le futur de « jouer un rôle important pour susciter des projets de R&D contribuant à la décarbonation des filières industrielles dont ils relèvent et pour accompagner leurs membres dans la transition énergétique et écologique ». De quoi les occuper pour les quatre années qui arrivent.



