La transition énergétique ne pourra pas se faire sans métaux. L’Europe va devoir développer au plus vite une filière industrielle de production et de raffinage de ces matières critiques, si elle ne veut pas recréer de nouvelles vulnérabilités stratégiques. Le Vieux continent dépend à 100% des importations pour le lithium et les besoins en cette matière première devraient être multipliés par 18 d’ici à 2030. Depuis un an, le gouvernement tricolore met les bouchées doubles pour développer les capacités de production des matières les plus stratégiques.
Lundi 24 octobre, l'exécutif a détaillé les cinq premiers lauréats de l’appel à projets «métaux critiques» de France 2030, un programme doté d'une enveloppe de 950 millions d’euros pour financer le raffinage, l’extraction et le recyclage. Ces projets vont bénéficier au global de 94 millions d’euros sous forme de subventions et d’avances remboursables. Ils devraient participer à«sécuriser une chaîne d’approvisionnement bas carbone et basse empreinte environnementale pour les trois premières gigafactories de batteries»prévues en France. Trois d’entre eux concernent directement les métaux critiques pour les batteries.
Des financements pour la mine de lithium d'Imerys
Annoncé le jour même, le projet d’Imerys d’ouvrir l’une des plus grande mine européenne de lithium sur son site de Beauvoir (Allier) bénéficiera du soutien public. Le montant des financements pour chaque projet n’est pas communiqué. Mais France 2030 devrait contribuer au financement des études de préfaisabilité ainsi qu'à la conception de l’usine pilote prévue par le groupe, qui espère produire 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an à partir de 2028. Le gouvernement a aussi retenu le projet d’implantation d’une usine de raffinage de Viridian, à Lauterbourg (Bas-Rhin), qui devrait transformer en 2025 du lithium importé d’Amérique latine en hydroxyde de lithium utilisable par les usines de batteries.
Parmi les autres projets, Eramet veut démarrer début 2023 le pilote de son usine de recyclage des batteries lithium-ion sur son site de R&D de Trappes (Yvelines), qui permet de récupérer le lithium, le nickel, le cobalt et le manganèse. Il pourrait déboucher par une industrialisation de la technologie en 2025. D’autres projets dans le lithium devraient être retenus dans les mois à venir dans le cadre de l’appel à projets, qui court jusqu'à la fin du mois de janvier 2024, notamment sur l’exploitation de la géothermie profonde en Alsace.

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Focus sur le recyclage des déchets électroniques
Les deux derniers lauréats concernent le recyclage des déchets électroniques. Sanou Koura prévoit d’investir 40 millions d’euros pour développer une première usine capable de récupérer le tantale, l’étain, le cobalt et le nickel contenu dans les cartes électroniques. Weeecycling veut de son côté multiplier par dix sa capacité de recyclage de métaux critiques à partir de déchets électroniques près de Fécamp (Seine-Maritime). Elle avait déjà reçu des financements de France Relance pour industrialiser son procédé de raffinage du cuivre.
Le gouvernement doit encore mettre en oeuvre plusieurs propositions issues du rapport Varin. Un délégué interministériel sur les métaux critiques devrait être nommé dans les prochaines semaines. A charge à lui de créer une «équipe de France des investissements dans des capacités de production de métaux» en France et à l'international. Il devra aussi accompagner la création de deux pôles à Dunkerque (Nord), sur la filière batterie, et à Lacq (Pyrénées-Atlantiques) sur les aimants permanents.



