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[Exclusif] Ce que répond Renault suite à l’enquête sur les discriminations à l'embauche

Interrogé par L'Usine Nouvelle, Renault estime que les discriminations à l'embauche que lui reproche une étude ne reflètent pas la politique RH du groupe, mais un problème de société plus général, les managers ayant répondu au test n'étant pas toujours des professionnels du recrutement.

Renault SA siège Boulogne-Billancourt
Renault fait partie de la dizaine d'entreprises sont montrées du doigt par une étude pour des pratiques discriminatoires à l'embauche.

Epinglé par une étude sur les discriminations à l’embauche que le gouvernement a rendu publique le 6 février, le groupe Renault, qui ne s’était pas exprimé jusqu’ici, "prend acte des résultats de cette étude, mais ils ne sont pas le reflet de notre processus de recrutement", indique à L'Usine Nouvelle un porte-parole du constructeur automobile. Il ajoute "comprendre" la démarche du gouvernement et partager sa volonté de lutter contre les discriminations. "C’est louable, les entreprises ont un rôle à jouer", poursuit le porte-parole.

Ce préalable posé, Renault, comme les autres entreprises épinglées, estime que la méthodologie de l’enquête présente des faiblesses. Premier reproche : la taille réduite de l’échantillon. Renault a été testé 76 fois, ce qui signifie que les auteurs de l’étude lui ont envoyé 76 paires de CV, l’un avec un nom à consonance française, l’autre avec un nom à consonance maghrébine, pour un même poste. "A mettre au regard des 100 000 candidatures que nous recevons chaque année", argumente le groupe. Pour qui l’échantillon est encore réduit par les non réponses à ces courriers, ou par des candidatures ne correspondant pas aux postes recrutés chez Renault.

Des managers non recruteurs

Deuxième reproche : les candidatures n’ont pas suivi la procédure habituelle de recrutement de l’entreprise. Les candidatures spontanées, qui représentent une majorité des tests, ont été envoyées par mail "de manière aléatoire", reproche Renault, à des managers dont le métier n’est pas toujours le recrutement. "Contrairement à nos recruteurs et à nos services RH, ces salariés ne sont pas formés à recruter sans discriminer, poursuit le porte-parole. Or personne n'est à l'abri de pratiques discriminatoires ténues, dont on ne se rend pas vraiment compte. Renault ne rejette pas les résultats de l’étude, mais estime que plus qu’un problème RH, ils reflètent un problème de société."

Le constructeur réagira de deux manières. "Nous allons continuer à former tous nos salariés, et pas seulement nos recruteurs, à la lutte contre les discriminations", une politique déjà engagée par le groupe qui propose un serious game sur le sujet à ses salariés. "Comme n'importe quelle entreprise, nous avons des marges de progrès", poursuit le groupe. Par ailleurs, Renault tient à participer au groupe de travail annoncé par le gouvernement pour améliorer la méthodologie des chercheurs pour leurs futures campagnes de testing. "Elle doit être le reflet de nos méthodes de recrutement, sinon le résultat ne peut pas représenter la politique de  l’entreprise", conclut Renault.

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