Altran, Arkema, Renault… Le gouvernement impose une formation à sept entreprises accusées de discrimination à l’embauche

Le gouvernement a révélé le 6 février les résultats d'une étude sur la discrimination à l'embauche. Sept entreprises sont épinglées pour leurs mauvaises pratiques, dont plusieurs industriels qui ont réagi au rapport. Ils sont convoqués pour une formation début juillet.

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Selon le gouvernement, une personne ayant nom à consonance maghrébine a 25 % de chance en moins d’obtenir une réponse à sa candidature.

“Name and shame”. Jeudi 6 février, le gouvernement a épinglé sept groupes français pour présomption de discrimination à l’embauche : Air France, Accor, Altran, Arkema, Renault, Rexel et Sopra Steria. Certaines de ces entreprises, bien connues dans l’industrie, ont réfuté les accusations.

“Une discrimination significative et robuste”

Cette charge du gouvernement fait suite à un rapport commandité par le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. L’étude a été menée par plusieurs chercheurs de l'université de Paris-Est-Créteil. Elle s’appuie sur une campagne de tests menés entre octobre 2018 et janvier 2019 auprès de 103 entreprises.

Les chercheurs ont ainsi envoyé 17 163 demandes de candidats fictifs aux sociétés, en faisant varier le lieu de résidence ou le nom du postulant (nom à consonance européenne ou maghrébine par exemple).

“Pour l’ensemble des entreprises testées, l’étude met en évidence une discrimination significative et robuste selon le critère de l’origine, à l’encontre du candidat français présumé maghrébin, dans tous les territoires testés”, regrettent les auteurs du rapport. Selon le gouvernement, une personne ayant nom à consonance maghrébine aurait ainsi 25 % de chance en moins d’obtenir une réponse à sa candidature.

Les chercheurs notent également une discrimination “plus faiblement significative” selon le lieu de résidence. “Bien que non significative au niveau agrégé, on constate une discrimination selon le lieu de résidence dans l’industrie et à Paris”, remarquent-ils.

“Nous ne pouvons pas nous permettre de faire de la discrimination"

Plusieurs des industriels mis en cause ont réagi suite à la diffusion du rapport. Rexel a réfuté “formellement toute accusation et toute pratique de discrimination à l’embauche”. “La méthodologie très contestable de cette étude ne montre qu’une seule chose : il y a encore des candidatures spontanées qui ne reçoivent pas de réponse chez Rexel, alors que c’est un objectif prioritaire de notre politique de ressources humaines”, a ajouté le fournisseur de matériel électrique.

Les entreprises accusées ont mis en avant d’autres failles : certains tests reposent sur des candidatures spontanées. “Nous recrutons 4 000 personnes par an en France sur un marché d'ingénieurs où règne la pénurie, nous ne pouvons pas nous permettre de faire de la discrimination", a commenté la société de conseil en ingénierie Altran, citée par Sud Ouest.

Les sept entreprises sont convoquées au secrétariat d'Etat à l'égalité femmes / hommes le 2 juillet pour une session de formation, selon France Info.

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