Chronique

[Edito vidéo] Pourquoi les Français peuvent encore gagner dans la course aux vaccins contre le Covid-19

En retard dans la première génération de vaccins contre le Covid-19, les Français pourraient-ils prendre leur revanche ?

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Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle
Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle

Ce n’est pas parce que Sanofi et Pasteur ont subi quelques déconvenues qu’il n’y a pas de Français dans la course. Ils sont très nombreux, au contraire, parfois bien placés, et susceptibles de rejouer la fable du Lièvre et de la Tortue. C’est ce que vous raconte, en détail, notre journaliste Julien Cottineau dans une enquête passionnante du prochain numéro du mensuel et, bien sûr, sur notre site.

Il y a d’abord les Français qui ont gagné… mais qui ne se battaient pas sous le pavillon tricolore. Comme Stéphane Bancel, le patron de Moderna, une des deux start-up dont les vaccins sont déjà commercialisés. Ce Marseillais qui a émigré aux Etats-Unis a pris la nationalité américaine, mais il n’en demeure pas moins un pur produit de l’écosystème pharmaceutique français : diplômé de Centrale, il a été le directeur marketing puis le CEO de BioMérieux avant d’aller développer son entreprise sous des cieux plus favorables à l’entreprenariat. 

Il y a aussi le patron d’AstraZeneca, Pascal Soriot, ce bagarreur qui tient tête à la présidente de l’Union Européenne. Vétérinaire et diplômé d’HEC, il a défendu à l’international les couleurs de Roussel Uclaf/Aventis/Sanofi pendant deux décennies.

Mais les Français qui comptent vont bien au-delà de ces « people ». Beaucoup de biotechs françaises sont en train de développer des vaccins. Deux d’entre elles ne les commercialiseront que l’an prochain, mais compenseront leur retard par la largeur du spectre qu’ils couvriront, un atout majeur quand les variants transforment le Covid en épidémie à répétition. Ainsi, Ose Immunotherapeutics, à Nantes (Loire-Atlantique), ne cible pas le sars-cov2 mais 11 coronavirus. Dans le Rhône, le lyonnais Osivax proposera, lui, un vaccin contre tous les coronavirus. Car son procédé ne vise pas les protéines de surface du Covid-19, sujettes à mutation, mais la nucléocapside, une partie interne qui varie très peu. Même objectif de vaccin de « deuxième génération » pour Phylex Biosciences, créé en Californie par Pascal Brandys, mais qui envisage de venir produire en France.

Une autre biotech française, Valneva à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), est plus avancée encore puisqu’elle commercialisera des lots en septembre, d’abord destinés au Royaume-Uni, puis à l’Europe. L’antigène sera produit en Ecosse et le conditionnement fait en Suède…

Et il ne faut pas éliminer trop vite Sanofi, même si une faute de laboratoire lui a coûté le podium et six précieux mois. Puisque la lutte contre le covid risque désormais de ressembler à une course de fond, les gros volumes qu’il est capable de produire avec son partenaire GSK - 800 millions puis 1 milliard de doses par an – dès la rentrée s’avèreront très utiles si l’on n’est pas vacciné une fois pour toutes. Surtout que ce vaccin plus classique, à protéines recombinantes, peut se conserver dans n’importe quel réfrigérateur. Et avec la start-up américaine Translate Bio, Sanofi va aussi sortir un second vaccin, à ARN messager celui-là. Quant à l’institut Pasteur, qui a été le premier à séquencer le sars-cov2 et à mettre son génome à disposition de a communauté internationale, il est loin d’être hors-jeu : Pasteur développe notamment un vaccin en spray qui pourrait lui conférer un avantage comparatif.

Et il n’y a pas que les « inventeurs » : il y a, enfin, les Français qui produisent sur notre sol des éléments de vaccins vendus par d’autres, comme Delpharm ou Fareva. Sans oublier tous les salariés des sites français du suédois Récipharm ou du britannique GSK. Le président Macron les a évoqués pour souligner leur importance vitale dans le dispositif, oubliant que les vaccins produits dans l’Hexagone n’y restent pas tous : ils sont parfois destinés à d’autres Européens, voire – encore - à nos voisins anglais…

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