Il n’y a pas encore de vaccin contre le Covid-19 développé par Sanofi sur le marché. En revanche, le groupe français prête main forte à ses concurrents pour produire suffisamment de doses. Après un partenariat avec Pfizer-BioNTech, Sanofi a dévoilé lundi 22 février un accord avec Johnson & Johnson (J&J). Une usine française va aider le laboratoire américain à satisfaire la demande mondiale de vaccins.
Une très bonne nouvelle aux yeux d'Emmanuel Macron, qui voit ici la concrétisation de sa demande pour faciliter l'accès mondial au vaccin, formulée lors du récent sommet du G7.
Un vaccin unidose
“Sanofi a conclu un accord avec Janssen Pharmaceutical NV et Janssen Pharmaceuticals, Inc., deux entreprises pharmaceutiques Janssen du groupe Johnson & Johnson, aux termes duquel Sanofi contribuera à la fabrication du vaccin contre le Covid-19 de Janssen”, lit-on dans un communiqué du géant pharmaceutique français.
Le produit de J&J pourrait devenir le quatrième vaccin contre le Covid-19 autorisé en Europe, après ceux de Moderna, Pfizer-BioNTech et AstraZeneca. L’entreprise américaine a déposé une demande en ce sens le 16 février auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA). En parallèle, J&J a également demandé une autorisation d’urgence à la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis.
Contrairement aux premiers vaccins utilisés en Europe, celui de J&J ne nécessite qu’une seule injection. En utilisant une technologie d’adénovirus modifié assez proche de celle à laquelle fait appel le vaccin d'AstraZeneca, il peut être stocké dans un réfrigérateur classique, à l’inverse des remèdes de Pfizer-BioNTech et Moderna qui doivent être conservés à des températures plus froides.
12 millions de doses par mois
“Lorsqu’il sera approuvé, Sanofi donnera à Johnson & Johnson l’accès à ses infrastructures de fabrication de son site à Marcy-l’Étoile (Rhône), et à son savoir-faire établi en matière de fabrication de vaccins pour la formulation et le remplissage des flacons du candidat-vaccin Covid-19 de Janssen”, indique Sanofi. Avec 3 500 salariés, l’usine de Marcy-l’Étoile représente le plus gros site de production de vaccins au niveau mondial.
Sanofi vise un rythme de production d’environ 12 millions de doses par mois. La fabrication devrait débuter au troisième trimestre de 2021. Un délai qui s’explique par l’attente des autorisations de mise sur le marché. L’industriel français va également devoir adapter ses locaux. “Il faut acquérir, installer et qualifier l’équipement spécifique. Ensuite produire les lots techniques, approuver le processus de fabrication. C’est pour cela que ça demande un peu de temps”, confie un porte-parole de Sanofi, interrogé par L’Usine Nouvelle.
L'entreprise n'a pas souhaité communiquer les détails financiers de son accord avec J&J ou le nombre de salariés impliqués. “Chaque semaine, nos équipes vaccin se réunissent et évaluent ce que nous pouvons faire de mieux pour contribuer au combat contre le Covid-19. Parce que nous avons les capacités, le temps et le talent, nous avons fixé un objectif de 12 millions de doses par mois", commente le porte-parole.
"Aucun impact sur nos activités"
“Il n’y aura aucun impact sur nos activités relatives aux vaccins contre le Covid-19 que nous développons. C’est une contribution de Sanofi pour combattre la pandémie mais nous avons encore toutes nos activités pour le développement de nos vaccins à poursuivre, insiste le porte-parole de Sanofi. Certaines personnes pensent que nous devenons une 'contract manufacturing organization' (CMO) et que nous allons seulement produire des vaccins pour les autres. Ce n'est pas le cas, nous ne serons jamais voués à être une CMO. Nous sommes focalisés sur nos vaccins et nous prévoyons d'avoir un premier vaccin en fin d'année 2021."
En janvier, Sanofi avait déjà conclu un accord avec Pfizer-BioNTech pour donner un coup de pouce à la fabrication de plus de 125 millions de doses de leur vaccin sur le complexe de Sanofi Pasteur à Francfort (Allemagne). Sanofi développe ses propres vaccins contre le Covid-19 mais son projet le plus avancé avec le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) a été retardé de plusieurs mois. Les deux partenaires ont tout de même annoncé le 22 février le lancement de la phase II de l'essai clinique de leur candidat vaccin.



