Sanofi n'a pas rendu les armes dans sa recherche pour un vaccin anti-Covid

Malgré des déconvenues dans son programme de vaccin anti-Covid le plus avancé, le leader français pharmaceutique Sanofi - qui publie ce 4 février ses résultats financiers pour l'année 2020 - poursuit ses efforts.

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Sanofi fabrication de vaccins Marcy-l'Etoile
Le complexe de Sanofi de Marcy-L’Étoile, dans le Rhône, sera dédié aux opérations de remplissage et de conditionnement de son premier vaccin anti-Covid, attendu fin 2021.

C'est l’un des leaders mondiaux des vaccins et pourtant, le laboratoire français Sanofi arrivera avec un an de retard sur ses concurrents dans la lutte contre le Covid-19. Il n’a pas abandonné la partie pour autant.

En premier lieu parce que son vaccin le plus avancé, un vaccin recombinant fondé sur sa dernière technologie grippale et développé avec son concurrent anglais GSK, a obtenu des pré-commandes de près de 800 millions de doses à travers le monde. Soit un enjeu industriel considérable, avec 1 milliard de doses à produire par an, en s’appuyant sur des implantations en France, en Allemagne, en Italie et aux États-Unis.

Six mois de retard…

Problème, ce projet a souffert d’un revers de taille dans les résultats de son premier essai clinique, qui lui cause six mois de retard, décalant à la fin 2021 une potentielle mise sur le marché. La faute à une erreur de laboratoire, assure Sanofi : une formulation d’antigènes sous-optimale, liée à un mauvais choix de réactifs.

Pour le généticien Axel Kahn, qui fut directeur scientifique adjoint de Rhône-Poulenc, ses déboires découleraient plutôt d’une « absence de vision industrielle » en partie liée au démantèlement de Rhône-Poulenc Hoechst pour des enjeux de rentabilité « alors qu’il y avait une interface entre la chimie, l’agroalimentaire et la santé qui était extrêmement intéressante, une vraie complémentarité de savoir-faire ». Sans compter la cession de sa filiale en santé animale en 2017 à l’allemand Boehringer Ingelheim alors que « c’était un remarquable laboratoire dans le domaine de l’immunologie vaccinale ».

… Mais une technologie éprouvée

Selon un porte-parole de Sanofi, le retard de ce projet n’est pas dramatique, car « il y aura besoin de plus d’un vaccin pour l’ensemble de la population mondiale », soulignant ses avantages d’utiliser « une technologie connue et éprouvée », et de pouvoir « être conservé entre 2 et 8 °C ». Le Français compte aussi sur son second projet, un vaccin ARNm initié par la biotech américaine Translate Bio. Il devrait entrer en développement clinique avant la fin du premier trimestre, avec une mise sur le marché à partir de fin 2021.

En attendant, Sanofi a accepté de soutenir la production de vaccins concurrents. Un premier engagement a été conclu pour le remplissage et le conditionnement du vaccin de Pfizer-BioNTech sur son complexe vaccinal de Francfort, en Allemagne. Dommage néanmoins lorsque l’on sait que le géant français était partenaire depuis 2015 de… BioNTech, avec lequel il planchait sur des traitements du cancer.

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