Eaux, rages et des espoirs

Dans son numéro de l'été 2025, Emballages Magazine consacre son dossier aux « métamorphoses » du marché l'eau en bouteille. À l'image de la pollution aux composés perfluoroalkylés et polyfluoroalkylés (PFAS), la sécurité sanitaire impose une nouvelle logique. L’édito remonte jusqu'à René Dumont. En 1974.

Métamorphosas de l'eau
Métamorphosas de l'eau

L’eau ? Un sujet qui fâche ! La bouteille d’eau ? Un casus belli : une hérésie pour les défenseurs de l’environnement ; une activité lucrative pour les entreprises ; un achat obligé pour les consommateurs rebutés par celle du robinet. Lors de la campagne présidentielle de 1974, René Dumont avait anticipé le « stress hydrique » qui prévaut en 2025 en buvant un verre d’eau « précieuse » devant les caméras de télévision. Cinquante ans plus tard, le premier candidat écologiste pourrait se dire qu’il avait vu juste. Malheureusement... Conséquence du scandale Perrier (Nestlé), qui remonte jusqu’à la présidence de la République, les marques d’eau minérale bataillent, au premier semestre 2025, à coups de pages de publicité, pour défendre leur marchandise. Une mystérieuse mention suppose néanmoins un savant décryptage: « Si les bouteilles d’Hépar sont sûres d’un point de vue sanitaire, leur appellation est temporairement susceptible de ne pas être conforme à la réglementation des eaux minérales naturelles selon l’administration. »

Opaque transparence

Une « opaque transparence », titrait déjà Emballages Magazine en octobre 2024. Le dossier « prospectif » du numéro de l’été 2025 propose une plongée prolongée dans les méandres d’une offre en pleine mutation. Le marché est écartelé entre les prix très agressifs de la grande consommation et le luxe insolent pour clients très fortunés. Sous haute surveillance des pouvoirs publics, avec les «3R» de la réduction, du réemploi et du recyclage comme outils, il est également structuré par au moins quatre textes : la directive relative aux plastiques à usage unique (SUP), avec son désormais fameux bouchon « attaché » ; la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) ; le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) ; la directive européenne 2020/2184 sur les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH). Pour faire simple : l’eau « potable » et sans composés perfluoroalkylés ou polyfluoroalkylés (PFAS). Difficile, dans ces conditions, d’imaginer un futur sans technologies avancées de traitement, de filtration et de conditionnement pour sauver une ressource devenue stratégique. Le salut par l’emballage ? Une évidence qui coule de source...

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