Etude

De plus en plus d'offres d'emploi, en France, mentionnent une information sur le salaire

Donner des informations sur le salaire très tôt dans un processus de recrutement accroît les chances de réussir celui-ci. Une étude montre que la France a beaucoup progressé, dans son affichage des salaires, et est plutôt bien placée en Europe sur le sujet.

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Embauche recrutement
Mentionner le salaire sur une offre d'emploi augmente de 25% le nombre de candidatures.

Une offre d’emploi qui mentionne une fourchette de salaire obtient 25% de candidatures en plus, par rapport à une offre sans information sur le sujet, montre une enquête de PageGroup et Indeed publiée début avril. Les jeunes, surtout, reculent devant un recrutement qui ne pratique pas la transparence salariale. «Pour une entreprise, ne pas donner d’indication de salaire quand ses concurrents le font, va rendre ses recrutements plus compliqués», analyse Stéphanie Lecerf, de PageGroup.

La concurrence sera d’autant plus forte que la pratique se répand. «Avec plus des 50% des offres d’emploi qui mentionnent des informations salariales en 2025, la France a beaucoup progressé», note Matthieu Eloy, directeur général d’Indeed France. En 2019, seules 20% des offres parlaient de salaire. Si elle fait toujours moins bien que le Royaume-Uni, champion en la matière avec 70% des offres annonçant la couleur salariale, la France fait beaucoup mieux que l’Allemagne, dont 16% seulement des offres d’emploi donnent des informations sur la rémunération. Mais en Allemagne, de nombreuses offres renvoient aux conventions collectives pour connaître les salaires proposés, rappellent les auteurs de l’étude.

Une transparence bientôt obligatoire

Matthieu Eloy constate, en France, «un ralentissement des efforts», la part d’offres d’emploi mentionnant les salaires ne progressant plus. Or la directive européenne sur la transparence salariale, qui exige une information sur le salaire dès le début du processus de recrutement, devrait être transcrite en droit français d’ici la fin de l’année, a indiqué la ministre du Travail. Les recruteurs ne couperont donc pas à cette transparence à l’embauche, même s’ils ne seront pas obligés de faire figurer le salaire sur l’offre d’emploi et pourront en parler lors du premier rendez-vous.

Autre avantage à cette transparence salariale : le recruteur – et le candidat – ne perdra plus de temps dans un parcours d’entretiens qui n’a aucune chance d’aboutir. Selon l’étude, 42% des candidats ont refusé un poste en fin de process parce qu’ils n’étaient pas satisfaits du salaire proposé.

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Plus de transparence de la part des PME

L’enquête de PageGroup et Indeed montre que, partout en Europe, les recruteurs ont d’autant plus tendance à mentionner le salaire que celui-ci est bas. En France, 70% des offres d’emploi assorties de bas salaires donnent cette information, contre 40% des offres visant les cadres. «La transparence externe suppose une transparence interne, toujours plus facile sur les bas salaires, relativement standards, que sur les hauts salaires», commente Matthieu Eloy. Car évidemment, avec la transparence des salaires à l’embauche, les salariés vont comparer leurs rémunérations avec celles proposées par leur employeur lors de ses recrutements.

Sur ce sujet, les PME sont en avance sur les grandes entreprises. Leurs offres mentionnent à 80% des éléments de rémunération. Dans les grandes entreprises, un travail est à l’œuvre pour limiter les écarts de salaire, qui ne concernent pas que les différences femmes-hommes, ou pour les justifier, ce qu’exige la directive européenne. Selon les auteurs de l’étude, les rattrapages pourraient se traduire par une hausse de la masse salariale de 2 à 3%.

La peur d'être mal payé

Dès que la loi entrera en vigueur, les salariés pourront demander à leur employeur le montant du salaire médian des personnes occupant le même poste. Or 44% des salariés pensent qu’ils sont payés différemment des autres. 6 sur 10 craignent de découvrir qu’ils sont moins bien payés que leurs collègues à poste équivalent. 54% affirment qu’une telle découverte pourrait les amener à démissionner. Ceux qui gagnent le moins et qui ont parlé de leur salaire au boulot indiquent que ça leur a fait perdre confiance en eux. L’argent reste tabou. Même dans le couple : l’enquête estime que 31% des salariés ne parlent pas de leur salaire avec leur conjoint.

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