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Comment L'Oréal cobotise sa recherche capillaire

Le géant de la cosmétique L'Oréal utilise un cobot pour automatiser ses tests de produits pour cheveux. Plus flexible, l'automate peut travailler en continu et réaliser en solitaire des tâches répétitives. Autant de qualités qui séduisent les laboratoires. 

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Un cobot dans le centre de recherche et d'innovation capillaire de L'Oréal
Un cobot dans le centre de recherche et d'innovation capillaire de L'Oréal

Peigner des cheveux, appliquer des produits, évaluer la mousse… Sur les paillasses de verre des laboratoires, la recherche du meilleur shampoing et de la composition parfaite peut être répétitive. Au point que L’Oréal a décidé d’innover et d’accueillir un laborantin d’un nouveau genre au sein de son centre de recherche capillaire, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) : un robot collaboratif, capable de remplacer les techniciens pour accélérer le cycle de développement du produit.

Pinces polyvalentes

Dans la pratique, automatiser les tests capillaires n'a pas été simple. Au-delà du cobot lui-même, pour lequel le cosméticien s’est tourné vers le sud-coréen Doosan, le gros du travail a porté sur les préhenseurs. Les “mains” du robot, qui lui permettent d'effectuer les différentes tâches assignées, et pour lesquelles L’Oréal a fait appel à une entreprise danoise spécialiste de ces appendices robotiques : onRobot.

“Au contraire de la production industrielle classique, qui opère dans un environnement figé, le travail en laboratoire requiert une certaine flexibilité et une facilité dans le changement de gamme de production”, détaille Cédric Vandermeersch, responsable technique et commercial pour onRobot en France. Les industriels ont donc dû collaborer pour identifier les meilleures pinces, capables d’opérer avec précision différents instruments, et de recueillir les données nécessaires aux opérations.

De 175 à 504 formules testées par semaine

Après plusieurs essais, ces derniers ont sélectionné deux préhenseurs, l’un capable d’être personnalisé rapidement en lui ajoutant des équipements imprimés en 3D afin de saisir toutes sortes de formes, et l’autre doté d’un capteur d’efforts pour pouvoir palper la consistance de la mousse.

“Nous pouvons ainsi réaliser une multiplicité d’opérations avec un seul robot et deux préhenseurs”, conclut Cédric Vandermeersch en vantant la flexibilité de la robotique collaborative.

Autre avantage : si le cobot n’est pas plus rapide qu’un laborantin humain, il ne fatigue pas et peut travailler jour et nuit, explique L’Oréal, qui estime ainsi pouvoir passer de 175 formules testées par semaine à 504. A la condition néanmoins que ce dernier soit alimenté avec suffisamment de consommables pour pouvoir tourner sans intervention humaine pendant plusieurs heures…

Essor de la robotique laborantine

L’Oréal n’est pas le premier à introduire des robots dans les laboratoires. En juillet dernier, des scientifiques de l’université de Liverpool étaient allés encore plus loin en utilisant un robot Kuka monté sur roues pour tester des réactions catalytiques, et déterminer lui-même de la suite des expériences à mener.

En septembre, IBM avait quant à lui présenté RXN. Un robot chimiste cartésien, moins flexible mais capable de synthétiser automatiquement différentes molécules à la demande des scientifiques.

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