L'Oreal, Suez, Carrefour... Pour leurs dirigeants, secoués par la crise, "il y aura un avant et un après"

En clôture des rencontres organisées par le Medef les 26 et 27 août sur l’hippodrome de Longchamp, une dizaine de grands patrons ont témoigné de ce qu'ils avaient appris de la crise du Covid-19. Extraits.

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REF table ronde "ce qu'ils ont appris"
En clôture de la Rencontre des entrepreneurs de France (Medef), des chefs d'entreprise ont tiré les enseignements de la crise du Covid pour leur stratégie.

Transformation digitale accélérée, urgence environnementale devenue réalité, management plus autonome… Réunis sur le plateau de l’université d’été du Medef, rebaptisée La Rencontre des entrepreneurs de France (LaREF), plusieurs dirigeants de grands groupes ont raconté les bouleversements que la crise avait entraînés dans leur entreprise. Unanimes, ils estiment qu'elle a accéléré les tendances déjà à l’œuvre, et qu’il y aura un avant et un après.

Alexandre Bompard, PDG de Carrefour

"La crise a accéléré les tendances. D’abord le e-commerce alimentaire. Il y aura un avant et un après. Les clients ont pris l’habitude de faire leurs courses via le e-commerce, cela a plus progressé en trois mois que dans les dix années précédentes. (…) Même chose sur l’attention à la qualité du produit, à son origine, au fait qu’il soit bon pour vous, la santé, l’environnement. Sur les organisations, c’est un test : est-ce que vous êtes rapides, agiles ? Est-ce que vous arrivez à prendre des décisions ? Vous ne pouvez le faire que si, avant la crise, vous étiez déjà en train de vous transformer."

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Nathalie Stubler, PDG de Transavia France

"On a appris à naviguer dans l’incertitude avec un grand I. On a travaillé avec des scénarios sur les géographies, sur le long terme. On est passé de 0 % en juin à 50 % en juillet. Aujourd’hui on réécrit les scénarios. […] Le point clé c’était d’expliquer aux salariés le principe des scénarios pour les embarquer."

Frédéric Oudéa, directeur général de Société Générale

"Cette crise mettait en cause la santé des collaborateurs. Comme la plupart des entreprises ont su s’adapter, mettre les moyens pour la protéger, il y a une espèce de ciment extraordinaire qui s’est fait. Nous l’avons fait en Inde, aux Etats-Unis. Et au-delà, il y a eu la communication avec Zoom, qui a créé un lien très direct, un sentiment d’appartenance, de fierté, une énergie, quelles que soient les difficultés. Un mode de travail, de management, différent. Il faut essayer de préserver des circuits plus courts de décision, de garder des modes de communication plus directs. C’est de l’association à tous les niveaux de l’entreprise."

Sandrine Conseiller, directrice générale d’Aigle

"On peut développer un business de la mode tout en ayant un impact positif autour de nous. Avant la crise, ça paraissait une douce utopie. Maintenant, on voit que c’est ce que demandent les clients. Le secteur textile va être impacté très différemment selon le business model. Nous prévoyons de la croissance sur la deuxième partie de l’année, et nous embauchons, dans notre usine de production de bottes…"

Hervé Navellou, directeur général de L’Oréal France

"Ca a été très apprenant, avec l’obligation, pour nos équipes, d’efficacité, de réactivité, d’agilité. Ca a été un excellent test de résistance. Apprenant aussi parce que ça nous a permis d’accélérer les transformations, notamment la transformation digitale. Cette crise nous a permis d’aller beaucoup plus loin dans notre contact au consommateur et de progresser de façon spectaculaire en e-commerce. Ces transformations seront pérennes. On a gagné plusieurs années. Cette crise va aussi nous aider à animer nos équipes de façon plus agile, plus collaborative."

Bertrand Camus, directeur général de Suez

"J’ai été frappé par l’extraordinaire mobilisation des équipes sur des services essentiels comme l’eau et les déchets. On n’a pas eu un seul droit de retrait, quel que soit le pays. On a aussi pu bénéficier de la prise de conscience que les sujets de l’eau, des déchets, de la pollution, étaient essentiels. On va investir sur ces sujets de long terme. Il ne faut pas faire la même erreur qu’en 2008, où on a un peu sacrifié l’écologie à l’économie. C’est une chance unique de rattraper les retards pris dans les dernières années."

Cécile Maillard et Anne-Sophie Bellaiche

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