Le premier ministre, Jean Castex était très attendu par les dirigeants d’entreprise réunis sur l’hippodrome de Longchamp à l’occasion des Rencontres des entreprises de France, l’université d’été du MEDEF. Son discours a été écouté dans un silence religieux par une large assemblée, la crise sanitaire n’ayant apparemment pas découragé les patrons de participer à cet événement. Ils étaient 20 % d’inscrits en plus par rapport à l’an dernier selon l’organisation patronale.
Le premier ministre n’a pas décliné un plan de relance précis puisque sa présentation a été remise au 3 septembre. Il est venu essentiellement saluer l’engagement des entreprises dans la crise, confirmer que le plan de 100 milliards viserait bien à relancer l’offre et l’investissement (plus que la demande), en parallèle d’un effort inédit sur l’emploi et la formation des jeunes.
"Votre endurance impressionne"
Sans retenir ses louanges, il a salué "La résilience, la capacité d’innovation, la solidarité collective, je l’ai vu s’exprimer tout au long de la crise dans le pays". Visant spécifiquement les dirigeants il a déclaré "Je vois les difficultés traversées et pas finies, […] des difficultés qui ne sont pas que des chiffres mais humaines. Vous avez fait face". Il a salué le travail "exemplaire" accompli pour s’organiser face au confinement, puis au déconfinement. "Votre endurance impressionne", a-t-il affirmé en associant dans son hommage les salariés. Pour la suite des événements, il fait également confiance aux dirigeants : "Je connais votre sens des responsabilités et de l’intérêt national."

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Du côté des annonces, il a bien confirmé le montant de 100 milliards d’euros du futur plan de relance, rappelant les efforts déjà engagés depuis le mois d’avril avec le triptyque PGE, chômage partiel, fonds de solidarité. "Au total 470 milliards d’euros ont déjà été mobilisés en un temps record, plus que le budget annuel de l’Etat. Avec le plan de relance, tout ne commence pas, tout continue".
Les TPE-PME pas oubliées
Jean Castex a promis qu’un quart de ce plan de relance serait fléché à destination des TPE-PME. Il a affiché un objectif d’équilibre sur les investissements entre zone rurale avec accélération du plan très haut débit, villes avec la rénovation des centres commerciaux, agglomérations avec un effort sur le transport collectif...
Méthode de baisse des impôts de production dévoilée
Enfin, il accède à la demande récurrente des industriels pour relancer la production nationale : une baisse des impôts de production de 10 milliards par an à partir du 1er janvier 2021. Elle s’organisera via une baisse de moitié de la CVAE (la part régional supprimée), le plafonnement de la CET à 2 % de la valeur ajoutée de l’entreprise contre 3 % antérieurement et une nouvelle méthode de taxation foncière des locaux industriels qui doit faire baisser de moitié la pression fiscale sur l’immobilier. "Il ne faut pas maintenir une fiscalité punitive pour notre industrie". Le cas de la C3S, un impôt de production pourtant qualifié de nocif par le Conseil d’analyse économique en 2019 n’a pas été évoqué.
Soutien au chômage partiel prolongé d'un mois
Le premier ministre a été moins précis sur les investissements dans les nouveaux secteurs qui seront soutenus dans le cadre de la transition écologique promue. Cette partie du plan sera donc développée la semaine prochaine. Il a toutefois indiqué qu’il accorderait un soin tout particulier à la rapidité d’exécution de ce plan. Il a confié avoir prévenu ses ministres que les crédits qui ne serait pas alloués assez vite seraient redéployés ailleurs. Une tactique qualifiée de très "motivante".
Le soutien au chômage partiel de droit commun (avec un reste à charge de 15 % pour les employeurs) qui devrait prendre fin le 1er octobre est repoussé d’un mois au 1er novembre.
Certains dirigeants restent sur leur faim
Jean Castex a terminé son allocution par un vigoureux "j’ai confiance en vous". Dans les tribunes de Longchamp, cette adresse a été plutôt bien accueillie. "Il est rassurant, et ce discours sur la confiance est intéressant", témoigne Bertrand Rambaud, patron du fonds Siparex qui accompagne de nombreuses entreprises industrielles. Lui a tout particulièrement apprécié la baisse des impôts de production et un plan qui doit se décliner dans les territoires. "Il faut donner des marges aux acteurs locaux", estime ce dirigeant d’un fonds implanté à Paris, Lyon, Toulouse, Nice, Lille, Nantes et Strasbourg. Dans son discours, le Premier ministre a en effet affirmé que seraient mis en place des comités de suivis régionaux du plan de relance qui associeront entre autre les partenaires sociaux.
D’autres dirigeants restent tout de même un peu sur leur faim. Comme Viviane Chaine-Ribeiro, présidente de la fédération des TPE, "Hormis le fait que le quart du plan sera destiné aux TPE-PME, on n’a rien appris de nouveau. L’appel aux entrepreneurs c’est bien, mais c’est dans notre ADN d’être volontaires." Sa fédération a porté des demandes bien spécifiques auprès de Bercy comme une baisse des charges jusqu’à 2 ou 2,5 SMIC plutôt qu’un soutien au chômage partiel car "pour une petite entreprise, le chômage partiel n’est pas la solution. Ele a besoin de tous ses salariés pour se relancer, pas de réduire leur activité. En revanche, elle va avoir un problème de coûts."
Pour connaître les arbitrages définitifs, les patrons doivent encore prendre leur mal en patience jusqu’au 3 septembre.



