[Covid-19] Grâce à leur flexibilité, les cobots se posent en alliés face aux pandémies

Selon un article paru dans Science, la flexibilité offerte par les robots collaboratifs en fait de parfaits alliés dans un monde incertain. Un point de vue partagé par le leader mondial du secteur, le danois Universal Robots, qui tient une exposition virtuelle sur la cobotique du 16 au 18 juin.

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À Odense, Universal Robots assemble, calibre et teste ses robots, dont les pièces viennent surtout de fournisseurs européens.
C'est à Odense (Danemark) que Universal Robots fabrique et teste ses cobots.

En Espagne, dans la ville de Martorell, le constructeur automobile Seat a transformé une ligne de production pour la réorienter vers des ventilateurs, utilisant un cobot en fin de ligne pour contrôler la qualité mécanique de ses produits. Aux Etats-Unis, l'entreprise Detectachem, qui fournit des kits de tests du Covid-19, a vu sa production bondir et utilise trois cobots pour retirer les contours plastiques de ses produits finis.

Ces deux exemples, mis en avant par la firme danoise Universal Robots lors d'une conférence de presse organisée mardi 16 juin, symbolisent

le nouveau rôle que souhaite prendre la robotique collaborative, dont la flexibilité a pu aider à réorienter certaines productions lors de la pandémie. Une thèse que défend aussi un “focus” (un court article visant à faire le point sur une question à partir de recherches existantes) de la revue Science Robotics, publié le 17 juin.

Réorientation éclair

Écrit par des chercheurs de l'université du Sud Danemark et de Cambridge (Angleterre), l’article revient sur les réorientations éclair qu'ont permis les cobots dans le feu de la crise pour vanter un nouveau modèle de production, plus flexible.

“Rencontrer une si forte demande [de respirateurs artificiels] a été compliqué par le fait que les systèmes de production existants, orientés vers une production de masse, sont conçus avec des solutions d’automatisation qui ne sont pas assez flexibles pour des reconfigurations de grandes échelles”, constatent ainsi les scientifiques. Au contraire, les cobots sont capables d’automatiser un grand nombre de tâches d’assemblage, du déplacement des composants au vissage, tout en maintenant la distanciation spatiale nécessaire dans les ateliers. Rapides à déployer ou à reprogrammer, ils peuvent donc "être utiles pour augmenter rapidement une production en situation d’urgence”, notent les auteurs. Qui préconisent par ailleurs de concevoir des produits modulables et de développer les jumeaux numériques pour favoriser la montée en charge. 

Universal Robots joue sur la flexibilité

Général, le point de vue des chercheurs rejoint les espoirs du danois Universal Robots, leader mondial sur le secteur de la cobotique industrielle. Au-delà des anciens facteurs d’adoption des cobots que sont la production à forte valeur ajoutée et le manque de main d’oeuvre, la firme danoise met désormais en avant la flexibilité de ses produits.

“Pour toutes les entreprises, le facteur de succès le plus critique sur 5 à 10 ans sera la flexibilité”, a ainsi déclaré le président de la firme Jürgen Von Hollen le 16 juin, lors d’une conférence de presse tenue pour l'ouverture de l'exposition virtuelle We Are Cobots, organisée du 16 au 18 juin.

Pour preuve de l'intérêt de ses solutions, il rappelait que contrairement à l’automation industrielle classique, le retour sur investissement des cobots est “très rapide”, et que “l’automatisation collaborative est incrémentale, elle peut avoir lieu pas à pas, cellule par cellule”.

Incertitudes sur la demande

Confiant, Universal Robots s’attache donc à “retirer la complexité” de ses robots afin de favoriser l’automatisation, en travaillant avec un désormais large écosystème de partenaires. Selon ses propres projections pourtant, le Covid-19 devrait ralentir la progression du marché de la cobotique, au moins à court-terme.

Alors que les revenus de la firme ont chuté de 40% au cours du premier trimestre 2020 sous l'influence de la fermeture des usines chinoises, le marché global pourrait ne pas se remettre immédiatement. Selon un graphique présenté par Jürgen Von Hollen, la livraison de cobots, qui devait atteindre la barre des 2000 robots en 2022 si le Covid-19 n’était pas passé par là, devrait finalement se situer autour de 1 500 unités. Une baisse que les acteurs de la cobotique espèrent temporaire, misant sur une compensation du ralentissement de l’automobile, grande consommatrice de cobots, par de nouveaux débouchés dans le médical et la logistique.

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