Contraction de 47% des effectifs des entreprises parapétrolières et paragazières depuis 2015, exigences écologiques accrues sur la sortie des énergies fossiles, tensions géopolitiques… Aux yeux des salariés des secteurs pétrolier et gazier, de fortes contraintes pèsent sur leur activité, rapporte une étude menée courant 2021 par l’association Les Amis de la Terre et deux laboratoires d’idées, les instituts Rousseau et Veblen. Sur les 266 salariés interrogés, plus des deux tiers (71%) estiment que leur secteur est en crise, avec une très large majorité de répondants attribuant cette situation à d’autres causes que la seule pandémie de Covid-19.
La géothermie attire le plus
Les emplois du secteur énergétique sont voués à connaître de profondes transformations. Les auteurs de l’étude ont donc choisi de questionner ces salariés d’entreprises françaises (Technip, Axens, Trapil, TotalEnergies, Engie…) sur leurs possibilités de reconversion. Surtout qu’une bonne partie d’entre eux (45%) pensent que leur emploi est menacé par le changement climatique et les politiques menées pour lutter contre ce phénomène. A noter qu’environ la moitié de ces travailleurs se trouvent dans des entreprises de plus de 5 000 salariés. Et près d’un sur deux œuvre dans l’ingénierie.
Verdict : près de 80% des répondants seraient prêts à se reconvertir dans un autre domaine que le pétrole ou le gaz. La proportion est un peu moindre, en ce qui concerne les ouvriers et employés. En tout cas, ces reconversions seraient probablement plutôt orientées vers d’autres énergies si elles devaient avoir lieu. La plupart des personnes prêtes à envisager cette option (8 sur 10) en citent au moins une qui déclenche chez eux un intérêt. La géothermie arrive en tête, tandis que la capture et stockage de carbone et l’éolien en mer complètent le podium. Suivent l’éolien sur terre, le secteur des batteries puis le photovoltaïque.

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Changer d'entreprise pour se reconvertir?
Mais de « nombreux freins à la reconversion » sont mentionnés spontanément lors d’entretiens avec des salariés. Parmi eux figurent le manque de formations aisément accessibles, le cloisonnement entre les unités dans des entreprises pourtant en voie de diversification, et la défiance de certains recruteurs à leur encontre dans les autres secteurs. « Rien de ce qui m’intéresse, comme les formations au bilan carbone et à l’analyse des cycles de vie, n’est éligible au CPF [compte personnel de formation]. Il me faut donc me tourner vers l’Opco [opérateur de compétences chargé d’accompagner la formation professionnelle, ndlr] de mon entreprise, mais je sais que faire une demande sera compliqué, pas forcément bien vu, et surtout pas du tout sûr d’aboutir », témoigne une ingénieure citée dans l’étude.
Pour Anna-Lena Rebaud des Amis de la Terre, « il manque une évaluation à grande échelle des compétences de ces deux secteurs, ainsi que des compétences nécessaires aux nouveaux secteurs de la transition énergétique », en vue d’identifier plus clairement les passerelles possibles et les besoins en formation. Selon elle, les entreprises gagneraient surtout à préciser leur plan de transition. Car pour l’instant, 43% des salariés croient plutôt à un changement d’entreprise pour se reconvertir, qu’à une reconversion en interne.



