"Quoi qu’il en coûte". Le président Emmanuel Macron a répété plusieurs fois cette expression lors de son allocution télévisée depuis l’Elysée le 12 mars. Une allusion transparente au "whatever it takes" lancé à l'été 2012 par Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), expression annonciatrice des mesures non conventionnelles qui allait permettre de sauver l'euro.
Selon Les Echos, le coût de soutien aux entreprises touchées par la pandémie du coronavirus pourrait s’élever entre 30 et 40 milliards d’euros. "Ce chiffrage est stupide, on ne connaît pas le temps que durera la pandémie, il est impossible pour le moment de chiffrer son coût pour les finances publiques", s’énerve un conseiller de Bruno Le Maire interrogé par L'Usine Nouvelle.
Le ministre de l’Economie et des Finances a reçu ce lundi 16 mars les acteurs économiques sur le Covid-19. Le locataire de Bercy a confirmé les mesures annoncées auparavant : le report pour toutes les entreprises qui le souhaitent, sans justification, sans formalité, sans pénalité, du paiement des cotisations et impôts dus en mars. Sur le chômage partiel, le président Emmanuel Macron a annoncé un mécanisme "exceptionnel et massif" de chômage partiel pour les entreprises dont l’activité est impactée. La ministre du Travail Murielle Pénicaud l’a précisé : l’Etat prendra en charge 100% du coût de ce chômage partiel pour les entreprises. Jusqu’ici, il remboursait un employeur à hauteur du Smic, alors que les salariés doivent percevoir 84% de leur salaire net. Avec cette décision, le chômage partiel ne coûtera rien aux employeurs.
Bpifrance relève son niveau de garantie des prêts bancaires

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Ces mesures "coûteront des dizaines de milliards d'euros", a indiqué Bruno Le Maire. Ce faisant, le gouvernement renonce à son objectif de réduction du déficit à 2,2% du produit intérieur brut (PIB) cette année. Une mise en pause de l’orthodoxie budgétaire qui a le soutien de la Commission européenne. A l’issue d’une visioconférence le 10 mars entre les 27 dirigeants européens, Ursula von der Leyen, la présidente de l’exécutif européen, a indiqué vouloir faire preuve de flexibilité dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance. "Il faut faire tomber la règle des 3% de déficit public, car les Etats vont devoir s’endetter pour faire face à la crise sanitaire et économique", estime Xavier Ragot.
Principale nouveauté envisagée par le gouvernement : la création d’un fonds de solidarité pour les indépendants, qui sera précisé dans les semaines à venir. Bpifrance, de son côté, a annoncé ce lundi 16 mars de nouvelles mesures d'urgence pour soulager la trésorerie des entreprises mises en difficulté, qu'elles soient petites (TPE), moyennes (PME) ou de taille intermédiaire (ETI). Dans un communiqué, la banque publique d'investissement officialise le relèvement du niveau de la garantie accordée aux entreprises demandant un crédit de trésorerie : elle garantira désormais jusqu'à 90 % des prêts demandés par les PME à leur banque. Le seuil avait déjà relevé à 70 % le 2 mars dernier, alors qu'il est habituellement de 50 %.
Pour soutenir la trésorerie des entreprises, l'institution a également annoncé la suspension dès ce lundi "du paiement des échéances" pour les prêts qu'elle a accordés. Elle propose aussi des "prêts sans garantie de trois à cinq ans, de 10 000 euros à plusieurs dizaines de millions d'euros", assortis d'un différé de remboursement du capital et une solution de "mobilisation de factures" permettant de rallonger leur échéance de paiement. Au total, la contribution de Bpifrance, qui s'insère dans le mécanisme d'aide global de l'Etat, pourrait se chiffrer entre 2 et 3 milliards d'euros.
Les banques françaises sonnent le tocsin
Les banques françaises ont sonné "la mobilisation totale" pour leurs clients, particulièrement pour les commerçants, professionnels, petites et moyennes entreprises, a rappelé dans un communiqué dimanche 15 mars la Fédération bancaire française (FBF), organe de représentation du secteur bancaire. Pour ce faire, les groupes bancaires ont décidé de généraliser des mesures d'accompagnement.
De façon concrète, plusieurs mesures, articulées avec les dispositifs publics exceptionnels de soutien aux entreprises, ont été décidées par les établissements bancaires : mise en place de procédures accélérées d’instruction de crédit pour les situations de trésorerie tendues, dans un délai de cinq jours et une attention particulière pour les situations d’urgence ; report jusqu’à six mois des remboursements de crédits pour les entreprises ; suppression des pénalités et des coûts additionnels de reports d’échéances et de crédits des entreprises; relais des mesures gouvernementales : dans le cadre des échanges avec les clients, communication et explication des mesures de soutien public (report d’échéances sociales ou fiscales, mécanisme de garantie publique comme BPI…).
"L'enjeu c'est d'arriver à faire en sorte (...) que très vite on puisse revenir sur un fonctionnement normal et permettre aux entreprises de traverser ce moment difficile avec le moins de dégâts possibles pour elles-mêmes pour leurs salariés et bien sûr pour les emplois", a commenté Frédéric Oudéa, président de la FBF.



