Face au coronavirus, seuls quatre pays européens, dont la France, sont capables de produire en nombre des masques

La Commission européenne appelle à augmenter la production dans l’Union européenne d’équipements de protection individuelle pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, tels que les masques, les gants ou les vêtements de protection. Ainsi qu’à garder les stocks et les productions en Europe et à les partager entre les Etats membres quand des besoins sont identifiés. Mais la production se concentre dans seulement quatre pays: France, Allemagne, Pologne et République Tchèque.

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masque médical
Stocks et production d'équipements de protection individuelle, comme les masques, sont insuffisants en Europe face à l'épidémie de coronavirus.

Face à l’épidémie de coronavirus qui s’intensifie en Europe, la Commission européenne s’inquiète de la disponibilité d’équipements de protection individuelle, notamment pour protéger les personnels de santé traitant les patients. Or, selon le Journal Officiel de l’Union européenne, ces productions de masques, de gants ou encore de vêtements de protection se concentrent dans seulement quatre pays dans l’UE : la France, l’Allemagne, la Pologne et la République Tchèque. Dans les autres pays de l’Union Européenne, les productions sont sporadiques ou inexistantes.

Niveau actuel insuffisant

Le décret paru le 15 mars au Journal Officiel de l’UE encadre désormais les règles pour de possibles exportations vers des pays tiers, avec l’objectif clair de limiter les exportations d’équipements de protection individuelle, hors de l'Europe. Car, "bien qu’une fabrication accrue ait été encouragée, le niveau actuel de la production de l’UE et les stocks existants ne seront pas suffisants pour répondre à la demande au sein de l’Union", souligne le décret.

Partager ces équipements dans l'UE

Dans une vidéo publiée le 15 mars, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne a affirmé que la Commission travaillait avec "l’industrie pour augmenter la production" et que "nous devons garder en Europe le matériel de protection dont nous avons besoin". Ursula von der Leyen insiste aussi sur le devoir de "partager ces équipements dans l’UE. Les interdictions nationales sur la vente à d’autres Etats membres sont néfastes. Aucun pays ne peut produire seul tout ce dont il a besoin. Aujourd’hui c’est l’Italie qui a besoin rapidement de grandes quantités de tels produits médicaux, mais dans quelques semaines ce seront d’autres pays".

Réquisitions françaises

La critique s’adresse à tous les pays concentrant ces productions. En particulier la France. Le 3 mars dernier, un décret a été publié au Journal Officiel de la France pour la réquisition des stocks et de la production, jusqu’au 31 mai 2020, des masques de protection respiratoire, les FFP2, et ses masques anti-projections, type chirurgicaux. Selon un porte-parole de la Direction générale de la Santé (DGS), interrogé il y quelques jours par l'Usine Nouvelle, l’objectif du décret est de faire en sorte que "les stocks et productions en cours de masques ne soient pas exportés mais restent sur le territoire national".

Une position qui se justifie avec l’intensification de l’épidémie en France, mais qui crispe au niveau européen avec la montée en puissance de cas dans toute l’UE, en premier lieu en Italie où le système de santé est débordé ou encore en Espagne qui affiche la plus rapide progression ces derniers jours avec près de 8 000 cas déclarés au 16 mars... devenant de fait le cinquième pays le plus touché au monde après la Chine, l’Italie, l’Iran et la Corée du Sud.

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