Atos, une difficile année de restructuration financière à oublier

[Dans l'actu en 2024, à suivre en 2025] Le groupe français d’informatique Atos a connu une année 2024 difficile sur le plan financier en raison d’un endettement devenu insoutenable. Les péripéties de son sauvetage ont été nombreuses et tout n’est pas encore gagné concernant l’avenir de l’entreprise à long terme.

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AFP NE PAS REUTILISER Atos
Les salariés d'Atos espèrent forcément passer une année 2025 plus sereine que celle venant de s'écouler.

Les salariés d’Atos espèrent que 2025 sera l’année du renouveau, sous la houlette de Philippe Salle, l’actuel président du conseil d’administration qui deviendra PDG du groupe informatique à partir du 1er février. Et pour cause : les opérations de restructuration financière du groupe se sont enfin terminées jeudi 19 décembre, confirmant le nouveau statut des créanciers d’Atos devenus ses actionnaires principaux. Une augmentation de capital de 233 millions d’euros, avec une priorité donnée aux actionnaires existants, avait déjà eu lieu début décembre. Ces derniers n’ont apporté que 68 millions, le solde étant comblé par les créanciers.

Pour Atos, l’année aura été tristement marquée par les péripéties autour de sa restructuration financière, jusqu’à la validation par le tribunal de commerce de Nanterre de son plan de sauvegarde fin octobre. En début d’année, Atos avait été contraint de faire état de discussions avec ses banques pour traiter de ses difficultés financières et en particulier d’un endettement brut d’environ cinq milliards d’euros.

Des rebondissements dignes d'une série Netflix

Puis les rebondissements se sont succédés au cours des mois suivants. Fin février, le projet de vente de sa division d’infogérance Tech Foundations à l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky a d’abord échoué. Quelques jours plus tard, en mars, ce fut au tour d’Airbus de jeter l’éponge concernant sa tentative de rachat des activités big data et sécurité (BDS), dans une opération qui aurait pu rapporter alors plus de 1,5 milliard d’euros à Atos.

S’ensuivit une bataille féroce entre deux propositions concurrentes pour la reprise du groupe : celle d’un consortium mené par le cabinet de conseil en transformation numérique Onepoint et celle de Daniel Kretinsky qui avait fait craindre aux salariés un démantèlement du groupe. En juin, le conseil d’administration d’Atos avait finalement opté pour la solution de Onepoint qui limitait la réduction de la dette – un sujet cher aux créanciers – et défendait plutôt l’unité du groupe. Mais en pleine phase de vérifications pré-acquisition, dans une volte-face digne d’une série Netflix, le consortium Onepoint avait finalement mis fin aux négociations, débouchant sur une reprise de l’entreprise par ses créanciers.

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Des revirements coûteux en honoraires

Ces multiples revirements auront coûté cher à Atos en honoraires payés aux avocats, banquiers et autres experts en restructuration. Pour la restructuration uniquement, ceux-ci s’élèvent à 168 millions d’euros. Plus largement, selon les calculs de Libération, les conseils de l’entreprise se sont partagés plus de 600 millions d’euros d’honoraires entre 2022 et 2024, avec en tête du palmarès les cabinets EY pour 119 millions d’euros et McKinsey avec 116 millions d’euros.

Au terme de cette année de galères, «tout n’est pas encore gagné», considérait Alia Iassamen, la coordinatrice CFDT du groupe, dans les colonnes de L’Usine Nouvelle. Selon elle, «le plan de restructuration financière n’est pas parfait car nous avons encore beaucoup de dettes et des nouveaux prêts avec des taux très élevés». L’enjeu d’Atos est désormais de redresser son activité commerciale en retrouvant une bonne dynamique de ses prises de commandes. «Aujourd’hui, Atos se laisse 3 à 4 ans pour redresser la barre. Si aucune amélioration n’a lieu en 2026-2027, on ne peut pas écarter la possibilité d’un deuxième plan de restructuration financière», expliquait récemment un bon connaisseur du groupe.

La prochaine assemblée générale d’Atos est prévue le 31 janvier 2025. Dans les prochains mois, l’issue de l’offre non engageante de l’Etat français en vue de l’acquisition des activités de calcul haute performance d’Atos, qui prévoit une période d’exclusivité jusqu’au 31 mai 2025, devra aussi être scrutée. En octobre, une précédente offre de l’Etat portant sur un périmètre plus large avait expiré.

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