Une (petite) bouffée d'air pour Atos. Le groupe informatique a annoncé, mardi 5 novembre, un accord en vue de la cession de sa filiale Worldgrid, dédiée à la conception de systèmes de pilotage de centrales nucléaires, à l’ingénieriste français Alten. Worldgrid sera cédé «pour une valeur d’entreprise de 270 millions d’euros», annonce dans un communiqué le groupe Atos. La transaction devrait être finalisée avant la fin de l’année 2024.
Avec cette vente, Atos cherche à réduire sa dette, qui a atteint jusqu’à 4,8 milliards d'euros. En pleine restructuration, le groupe informatique a annoncé cette cession dès le mois de juin.
La solution de la filiale équipe 15% du parc nucléaire mondial et compte parmi ses clients le fournisseur d’électricité EDF et le concepteur et constructeur de centrales Framatome. Worldgrid compte près de 1100 employés et a généré un chiffre d’affaires d’environ 170 millions d’euros en 2023.
Stratégique, l’activité a d'abord été convoitée par l’Etat, certains députés poussant même pour sa nationalisation temporaire. L’ancien ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire s'était, lui, engagé à ce que l'activité de Worldgrid «soit dans le périmètre qui restera sous le contrôle la puissance publique». L'Etat n'a toutefois pas de contrôle sur Alten, coté à la Bourse de Paris.

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Atos éponge ses dettes
Le fleuron en déroute compte sur ses opérations de restructuration pour redresser la barre et se désendetter. Celles-ci doivent être mises en œuvre entre novembre 2024 et janvier 2025. Ces dernières semaines, le groupe a annoncé de nouveaux contrats, notamment avec l'Agence spatiale européenne (ESA) et avec la RATP.
Il est désormais en discussions avec l'Etat pour lui céder ses activités stratégiques, qui comprennent notamment les supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire. En juin, l'Etat français avait fait une offre de 700 millions d'euros pour éviter que ces activités sensibles ne terminent aux mains d'acteurs étrangers. Atos a toutefois écarté cette première mouture. Les négociations se poursuivent. En attendant, l'Etat a acquis une action de préférence au sein de Bull SA (qui englobe l'activité supercalculateurs) pour disposer "de droits renforcés, inscrits dans les statuts et pouvant aller dans certains cas jusqu’au veto".



