Atos négocie la vente de l’activité BDS à Airbus pour 1,5 à 1,8 milliard d'euros

Atos confirme entrer en négociations avancées avec Airbus pour lui vendre l’intégralité de son activité big data et sécurité (BDS) pour une valeur visée entre 1,5 et 1,8 milliards d'euros. Le projet s’inscrit dans un plan de cessions d’actifs visant à faire face aux échéances de remboursement de la dette de l'entreprise.

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Atos Bezons siège social
Atos en discussions avec Airbus

C’est officiel. Atos négocie la vente à Airbus de l’intégralité de son activité Big data et sécurité (BDS). Le groupe de services du numérique confirme ce mercredi 3 janvier ouvrir une phase de «due diligence» avec l’avionneur européen pour conclure un accord dans ce sens. Les négociations se fondent sur une valeur d'Eviden estimée entre 1,5 et 1,8 milliard d’euros. Le prix à payer par Airbus dépendra des passifs à prendre en charge et du BDR (Besoin de fonds de roulement) conservé dans Eviden.

BDS fait partie de la division Eviden, sur laquelle Atos compte se recentrer après la vente de Tech Foundations, qui regroupe les activités historiques déclinantes d’infogérance, au groupe EPEI de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky. BDS réunit les activités sensibles de cybersécurité et de calcul intensif représentant un chiffre d’affaires annuel d’environ 1,5 milliard d’euros. Sa vente à Airbus répondrait aux exigences de souveraineté du gouvernement français.

Une dette de 4,8 milliards d'euros

Le projet s’inscrit dans un plan de cessions d’actifs, bien au-delà des 400 millions d’euros de chiffre d’affaires mentionnés le 28 juillet 2023, afin d’honorer les échéances de remboursement de dette de l'entreprise. En difficultés chroniques depuis quatre ans, Atos croule sous une dette de 4,8 milliards d’euros, dont les échéances de remboursement démarrent en mai 2024. Il y a donc urgence à trouver de l’argent frais. La direction n’exclut pas de faire jouer la clause de conciliation ou de sauvegarde pour mieux négocier le refinancement de sa dette avec ses créanciers.

Ce que les syndicats craignaient le plus, la vente du groupe par appartements, est en train de se matérialiser. Atos est déjà engagé dans le projet de vente de Tech Foundations à EPEI. Sous la pression de Onepoint, devenu le premier actionnaire de référence avec 11,4 % du capital, le groupe renégocie actuellement les conditions de cette transaction (prix à payer, structure de l’opération, les parties du passif à transférer…). L’issue de ses discussions reste incertaine. Et plusieurs actionnaires minoritaires, dont le fonds Alix AM, demeurent farouchement opposés à ce projet quelles qu'en soient les conditions.

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