Printerre investit 8 millions d’euros en Eure-et-Loir pour un centre de reconditionnement informatique

Printerre investit 8 millions d’euros en Eure-et-Loir afin de se doter d’un nouveau centre de reconditionnement à Vernouillet et agrandir son usine dédiée aux cartouches à Cherisy. Objectif : apporter une réponse industrielle à la demande croissante des entreprises et des collectivités en matériel informatique reconditionné.

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Printerre
Le nouveau centre de reconditionnement de Printerre s'érend sur 11000 m2.

L’entreprise Printerre, spécialiste du reconditionnement informatique et de la valorisation des équipements numériques usagés, née à Dreux, en Eure-et-Loir, investit 8 millions d’euros pour renforcer son modèle d’économie circulaire. En misant 4 millions sur chacun de ses deux sites, à Vernouillet et Cherisy, Printerre ambitionne de répondre à la demande croissante en matériel informatique et consommables reconditionnés, aussi bien auprès des TPE/PME, collectivités, que des grandes entreprises.

Une enveloppe de 4 millions d’euros a été dédiée au nouveau centre de reconditionnement de Vernouillet qui a été inauguré en mars 2025. Avec ses 11000 m², ce site devient le plus grand centre ITAD (disposition des actifs informatiques) de France, consolidant ainsi la position de Printerre comme acteur industriel de l’économie circulaire numérique. Cet investissement qui a été soutenu par l’agglomération de Dreux est stratégique face la montée en puissance de la filière du reconditionné, stimulée notamment par la loi AGEC. Celle-ci impose aux administrations publiques d’intégrer 20% de matériel informatique reconditionné dans leurs achats. «Nous avions anticipé cette évolution du marché, dès 2018, et avons décidé de passer d’une activité artisanale à une échelle industrielle. Ce nouveau site nous permet de traiter des milliers de pièces et d’intégrer des technologies uniques en France, comme la réimpression de claviers et des cabines de peinture adaptées aux équipements informatiques», explique à L’Usine Nouvelle Laurent Berthuel, cofondateur et directeur général de Printerre.

«Nous investissons également 4 millions d’euros pour agrandir notre usine de reconditionnement des cartouches d’encre, à Cherisy, qui atteindra 4500 m² d’ici la fin de l’année», poursuit-il. Cette nouvelle unité, construite avec des matériaux écologiques et dotée de panneaux photovoltaïques, est située à quelques kilomètres de Vernouillet.

Vers une chaîne de reconditionnement intégrée

Depuis sa création en 2007, Printerre a pour objectifs de prolonger la durée de vie des équipements numériques et de limiter les déchets électroniques. «Nous avons commencé avec la cartouche d’encre, puis, en 2018, nous avons débuté le reconditionnement informatique, et sommes vite arrivés sur des appels d’offres de collectivités», explique le dirigeant. Leur modèle industriel consiste à «maîtriser progressivement toute la chaîne : collecte grâce à notre flotte de camions, tri local dans de petits centres régionaux et reconditionnement sur nos sites euréliens». L’entreprise mise aussi sur l’innovation : covering, logiciels de diagnostic sur mesure, bancs de test et, bientôt, intégration du reconditionnement de produits Apple. «C’est un segment stratégique en forte croissance», reconnaît Laurent Berthuel. Et lorsque les équipements ne sont plus reconditionnables, Printerre valorise les matières premières issues des composants électroniques — métaux, cartes mères, et même l’or, utilisé dans des bijoux issus de composants informatiques.

Une entreprise adaptée qui vise 100 millions d’euros de chiffre d’affaires

«Depuis 2012, l’entreprise est labellisée entreprise adaptée (EA), avec plus de 55% de ses salariés en situation de handicap», tient à rappeler Laurent Berthuel. Un engagement social durable, combiné à une ambition économique claire. Avec un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros en 2024 (+40% par rapport à 2023), Printerre vise 22 à 23 millions d’euros en 2025 et, à terme, le cap des 100 millions d’euros sous cinq ans. «Notre métier reste encore très éclaté, avec de nombreuses petites structures. Nous avons fait le choix d’un outil industriel performant et de circuits courts, sans marketplace, pour maîtriser toute la chaîne de valeur et garantir un produit reconditionné de haute qualité», souligne Laurent Berthuel, qui dévoile parmi les futurs projets la labellisation Qualicert pour 2025 - «nous sommes déjà notamment labellisés RECQ et Iso 26000, NF». «Nous espérons doubler notre effectif de 153 salariés d’ici à cinq ans et projetons d’étendre notre réseau de petits centres régionaux de tri et de recyclage», conclut-il.

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