Onepoint réclame trois sièges au conseil d’administration d’Atos

Après avoir porté sa participation à 11,4% dans le capital d’Atos, Onepoint entend poursuivre ses achats d’actions, sans pour autant prendre le contrôle du groupe de services du numérique. Il réclame d'ores et déjà trois sièges au conseil d’administration d’Atos et demande d’améliorer significativement les conditions de vente de Tech Foundations à Daniel Kretinsky.

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Onepoint renforce sa position d'arbitre chez Atos

Comme prévu, Onepoint, le cabinet de conseil en numérique de David Layani, monte dans le capital d’Atos. Il a annoncé le 13 décembre détenir 11,4 % des actions et des droits de vente du groupe français de services du numérique. En novembre 2023, sa participation au capital était de 9,9 %. Mais David Layani ne cachait pas ses intentions d'aller plus loin par des petits pas.

Dans la déclaration à l’AMF (Autorité des marchés financiers) du 13 décembre, Onepoint prévient qu’il entend poursuivre ses achats d’actions d'Atos. Mais il précise qu’il n’envisage pas pour autant de prendre le contrôle de l'entreprise.

Soutien de la séparation de Tech Foundations

Onepoint réclame d’ores et déjà trois sièges au conseil d’administration d'Atos, composé aujourd’hui de onze administrateurs. L’UDAAC, association de défense d’actionnaires minoritaires d’Atos, a déposé un référé au tribunal de commerce de Pontoise pour le 20 décembre 2023 avec la demande de convoquer une assemblée générale extraordinaire des actionnaires en vue de révoquer cinq administrateurs actuels jugés responsables en partie des difficultés du groupe. Ce serait l’occasion pour David Layani de faire entrer trois représentants au conseil d’administration. Le nombre de sièges qu'il réclame pourra augmenter en fonction de l'évolution à la hausse de sa participation dans le capital d'ici à la date de l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires.

Le cabinet de conseil réaffirme son soutien à la séparation de Tech Foundations, la division formée par les activités déclinantes d’infogérance, allant à l'encontre des positions défendues par l'UDAAC ou le fonds d'investissement Alix AM, qui privilégient des plans alternatifs préservant l'intégrité du groupe. David Layani ne s’intéresse qu’à Eviden, l’autre division d'Atos qui réunit les activités porteuses dans le digital, la cybersécurité et le calcul intensif, avec laquelle il veut créer des liens pour compléter ses propres activités de conseil. Un accord de coopération a été d’ailleurs conclu entre les deux entreprises dans les domaines de l’IA, du cloud et de la décarbonation. David Layani n’est pas contre le projet de vente de Tech Foundations à EPEI, le fonds d’investissement de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky. Mais si la séparation de Tech Foundations devait se réaliser par cette cession, il demande à ce que les termes de la transaction soient significativement améliorés.

Contre l'entrée de Daniel Kretinsky dans le capital d'Eviden

Le projet initial, annoncé en août 2023, prévoit l’attribution d’un chèque de 1 milliard d’euros (sous forme de transfert de BFR, besoin de fonds de roulement) à EPEI et la prise par ce dernier d’une participation de 7,5% dans Eviden à la faveur d’une augmentation de capital de 900 millions d’euros. David Layani ne veut pas d’entée d’EPEI dans le capital d’Eviden. Il propose de libérer Daniel Kretinsky de son engagement à souscrire à l’augmentation de capital et de reporter le montant de son investissement (environ 220 millions d'euros) dans cette opération sur le prix de vente de Tech Foundations. Ces amendements font actuellement l'objet de discussions entre Atos et EPFI. S'ils aboutissent à un accord, cela confortera la position d'arbitre de Onepoint. Mais certainement pas au point de rallier les actionnaires frondeurs comme Alix AM, CIAM ou UDAAC.

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