A la centrale hydroélectrique du Cheylas, EDF lutte contre l’envasement de son bassin de stockage d’eau

Un important chantier de gestion sédimentaire a démarré près de la centrale hydroélectrique du Cheylas, dans la vallée du Grésivaudan (Isère). Le projet, totalement financé par EDF à hauteur de 35 millions d’euros, dont la fin est prévue en 2029, vise à lutter contre l’envasement du lac du Flumet, utilisé comme retenue supérieure de la centrale.

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Chantier de gestion sédimentaire du bassin du Flumet, près de la centrale hydroélectrique du Cheylas d'EDF
Après une phase de concertation citoyenne en 2023, le chantier de gestion sédimentaire du bassin du Flumet, près de la centrale hydroélectrique du Cheylas, a démarré.

Situé entre les communes d’Allevard et de Crêt-en-Belledonne (Isère), le bassin du Flumet connaît depuis plusieurs années un phénomène d’envasement. L’eau qui approvisionne le bassin de stockage de la centrale hydroélectrique du Cheylas provient de l'Arc (rivière de montagne alimentée par l'eau des glaciers), ce qui la rend extrêmement chargée en sédiments, qui s’accumulent à leur arrivée. Actuellement, entre 20 000 et 40 000 m3 de sédiments se déposent chaque année au fond du lac, réduisant la capacité de stockage d’eau dans le bassin du Flumet de près d’un tiers.

Avec une puissance de près de 500MW, le Cheylas est l’une des plus grosses stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), parmi les cinq que compte EDF. «C’est l’équivalent d’un demi-réacteur nucléaire, précise à l’Usine Nouvelle, Jean-Dominique Peillex, directeur EDF Hydro Jura Maurienne chez EDF. Les objectifs du projet sont à la fois l’amélioration du paysage en diminuant la visibilité des sédiments lorsque le lac du Flumet est au plus bas, et de retrouver la capacité de stockage de l’eau du bassin, nécessaire à l’activité de la centrale.»

Plusieurs années de recherches et d’études ont été nécessaires avant le démarrage de cet important chantier. «Il était impensable d’envisager l’évacuation des sédiments par camions au vu du contexte géographique et des volumes. Cela représenterait environ 52000camions», explique le directeur des aménagements hydrauliques d'EDF de la région. C’est finalement la construction d’une canalisation de 7 km de long et de 40 cm de diamètre, reliant les deux communes bordant le lac, qui a été retenue.

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Chiffres clés

5 stations de transfert d’énergie par pompage en France
28 barrages hydroélectriques en Isère
1979 : construction de la centrale hydraulique du Cheylas (Isère)
Entre 20 000 et 40 000 m3 de sédiments accumulés dans le bassin du Flumet
1/3 de capacité de stockage perdu à cause de l’envasement

Chantier de gestion sédimentaire du bassin du Flumet, près de la centrale hydroélectrique du Cheylas d'EDFEDF
Chantier de gestion sédimentaire du bassin du Flumet, près de la centrale hydroélectrique du Cheylas d'EDF Chantier de gestion sédimentaire du bassin du Flumet, près de la centrale hydroélectrique du Cheylas d'EDF

Canalisation de 7 km et 40 cm de diamètre.

Le robot subaquatique Nessie

Après une phase de concertation citoyenne initiée depuis plusieurs années, notamment pour déterminer le tracé de la canalisation, la phase de sa construction vient de démarrer. Elle s’achèvera en 2024, moment où débuteront les campagnes de curages pour évacuer les sédiments du lac de Flumet vers le bassin du Cheylas en contrebas. Le chantier impliquera une nouvelle technique de dragage expérimentée depuis quelques années : l’utilisation d'une version surdimensionnée du robot subaquatique (nommé Nessie) pour retirer les sédiments. «Cette solution répond complètement aux enjeux, déclare Jean-Dominique Peillex. Nous avons choisi de mener ces campagnes de curage entre avril et août, lorsque le débit de l'Isère est au plus haut». Après extraction, les sédiments seront criblés pour n'envoyer que les sédiments fins dans la canalisation. Celle-ci devrait pouvoir transporter 250 litres d’eau chargée en sédiments par seconde.

Chantier de gestion sédimentaire du bassin du Flumet, près de la centrale hydroélectrique du Cheylas d'EDFEDF
Chantier de gestion sédimentaire du bassin du Flumet, près de la centrale hydroélectrique du Cheylas d'EDF Chantier de gestion sédimentaire du bassin du Flumet, près de la centrale hydroélectrique du Cheylas d'EDF

Construction en souterrain de la canalisation pour l’évacuation des sédiments

Seul financeur du projet, EDF travaille avec plusieurs entreprises locales (Midali Frères, Rampa TP, Colas) pour déployer son chantier de gestion sédimentaire. A terme, les sédiments termineront leur course à quelque 260 mètres de dénivelé plus bas, où ils rejoindront le lit de l’Isère pour s’y diluer. «Nous restituons ces sédiments à la nature, mais de manière progressive : cela ne représentera que 10 à 20% de ce que l'Isère transporte naturellement», assure le directeur des exploitations hydrauliques, qui précise par ailleurs que de nombreux prélèvements ont été réalisés ces dernières années pour s’assurer que les sédiments du bassin du Flumet ne présentaient pas de pollution.

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