EDF Hydro va injecter 35 millions d’euros dans son usine hydroélectrique souterraine de Montahut, dans l'ouest de l'Hérault, profitant de travaux de maintenance lourde pour rendre possible une augmentation de puissance. L'installation passerait de 90 à 96 MW de puissance, via l'augmentation du débit d’eau adducté et turbiné de 18 à 19,3 m³/s, possible après la rénovation des deux groupes de production de l'usine : remplacement des roues et modification des injecteurs, remplacement des alternateurs et transformateurs.
Sur les 35 millions de l'opération, les travaux sur la conduite forcée et la galerie se chiffrent à 15 millions d'euros, et la partie mécanique et électrique des deux groupes de production à 20 millions d’euros, précise l'énergéticien à L'Usine Nouvelle. Plus de 150 personnes (équipes EDF Hydro et prestataires) seront mobilisées sur la totalité du chantier qui doit s’achever en 2026, et dont le dossier est encore en instruction auprès de l'État.
En service depuis 1966, l'usine de Montahut (15 salariés), alimentée par le barrage du Laouzas, produit en moyenne 216 GWh par an, ce qui équivaut à la consommation de 75 400 habitants. Le groupement d'usines de Montahut – quatre centrales (Montahut, Madières, Vesoles et Truscas), huit groupes de production et deux grands barrages – est, selon EDF, l'un des plus puissants complexes hydroélectriques du Sud-Ouest, avec 255 GWh de production annuelle moyenne.
Potentiel de surpuissance
EDF affirme avoir choisi l'usine de Montahut comme le premier chantier d'un programme de surpuissance visant à améliorer la performance du parc de production. L'opérateur évoque l’augmentation de puissance de certains aménagements si celle-ci est «techniquement pertinente, respectueuse de l’environnement et rentable».
En réponse à L'Usine Nouvelle, EDF indique «avoir la capacité d’augmenter la puissance installée du parc existant de 2 000 MW sous 10 ans et d’au moins 2 000 MW supplémentaires après 2035, soit une augmentation de 20% de la puissance de son parc hydraulique. Ce potentiel est constitué de 3 GW de stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), de rehausses de barrage, et de projets d’augmentation et d’optimisation de la production des installations hydroélectriques existantes, ce qui représenterait 500 MW supplémentaires».
EDF ajoute «qu'en l’absence de visibilité sur l’avenir du régime juridique sur les concessions hydrauliques en France, il ne peut réaliser d’investissements pour développer significativement son parc hydraulique, et que ce statu quo, qui dure depuis plus de quinze ans, a largement freiné le développement de l’hydroélectricité en France». EDF dit ainsi «travailler avec les pouvoirs publics à toutes les solutions juridiques possibles qui lui permettraient de sortir de ce statu quo et de relancer le développement dans le respect du cadre de droit communautaire».



