Ingénieur mécanique dans l’aéronautique durant quinze ans, passé notamment par Daher ou Segula, Christophe Baudron a débuté sa carrière chez Airbus, en charge des matériaux composites de l’A350 et de l’A400M. Une expérience qui nourrit son travail au sein de son propre bureau d’études, Apis CB Consulting, basé à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire). Il a réuni une vingtaine de fournisseurs et d’industriels autour de la conception et de la fabrication d’une bouilloire, sous la marque Vertige. 96% de ses composants sont made in France et le produit est largement recyclable.
«Une de mes volontés était de m’approvisionner au niveau local au maximum. Une bouilloire, c’est un petit électroménager de grande consommation assez complexe, multi-matériaux. L’idée était d’être autonome sur notre production», explique Christophe Baudron. L’assemblage s’effectue, autour de deux formats (1,2 et 1,7 litre). Le produit est certifié Origine France garantie.
Un produit démontable
Pour le socle, la poignée et le couvercle, pas de plastique comme dans la plupart des bouilloires vendues sur le marché, mais un matériau à base de composants biosourcés, d’origine végétale. «Nous avons fait développer ce matériau, avec notre formulation, pour certains éléments de la bouilloire», indique le dirigeant, sans en dévoiler plus. L’une des pièces de la bouilloire reste en plastique, pour le moment.
L'épaisseur de la cuve de chauffe en inox est de 0,8 millimètre. «Vous n’avez pas assez d’une vie pour l’user», s’amuse Christophe Baudron. Un système de vis doit faciliter le démontage de l’ensemble. Dans un second temps, chaque élément de la bouilloire, garantie dix ans, pourra être commandé indépendamment.
Côté matériaux, du lin de Normandie et de Bretagne vient entourer le câble. L’inox est travaillé par des chaudronniers en Indre-et-Loire. Les fondeurs sont situés dans l’est, le nord et le sud de la France. Le filtre est en métal, et il n’y a pas de carte électronique. Les encres du packaging sont minérales. «Certains savoir-faire n’existent plus en France. Il faut aussi travailler sur le coût de la main-d'œuvre», estime le chef d’entreprise.
Des grands comptes intéressés
Après 18 mois de travail, 200 exemplaires ont été livrés, en pré-série, à des particuliers qui ont commandé la bouilloire sur internet. «Nous commençons seulement à monter en cadence série, et l’automatisation nous permettra de faire baisser nos coûts dans deux à trois mois», indique Christophe Baudron, qui doit également composer avec l’inflation. Le petit modèle coûte entre 249 euros et 289 euros ; le grand modèle est à 319 euros, «ce qui reste assez cher au lancement», concède le dirigeant. Des revendeurs viennent de référencer la bouilloire de Vertige, qui s’apprête à signer avec de grands comptes.



