Le toulousain Kippit rate la marche de l'électroménager made in France

La société toulousaine Kippit, qui revendiquait un concept innovant de produits électroménagers durables, multifonctions et made in France, échoue au pied du mur. Confrontée à des difficultés industrielles et financières, la société a été précipitée vers la liquidation judiciaire. Retour sur une aventure démarrée en 2015.

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Kareen Maya Levy, co-fondatrice et présidente de Kippit
Kareen Maya Levy, co-fondatrice et présidente de Kippit présente la bouilloire multifonction Jaren.

Placée en liquidation judiciaire le 22 septembre par le tribunal de commerce de Toulouse, Kippit espérait encore ces derniers jours éviter le naufrage. Il ne lui restait que dix jours pour convaincre des investisseurs de réunir les 500 000 euros nécessaires pour relancer une nouvelle solution d'industrialisation et faire appel de la décision. Le délai est écoulé. Avec son équipe de 5 salariés, la société toulousaine, qui rêvait de révolutionner l'univers du petit électroménager avec un concept novateur de produits durables et made in France, doit mettre la clef sous la porte. Les deux co-dirigeants, Kareen Maya Levy et Jacques Ravinet, ne comptent pas pour autant baisser les bras. « Le marché a répondu positivement à notre projet, nous ne désespérons pas de trouver un repreneur », confie Kareen Maya Levy.

Le pari du durable et du multifonctionnel

Créée en 2015, Kippit décide de mettre d'emblée la barre très haut avec un concept de petit électroménager à la fois durable, évolutif, multifonctionnel, réparable à vie, recyclable et 100 % made in France. « Cela va bien au-delà du combat contre l'obsolescence programmée », souligne Kareen Maya Levy. En 2021, après plusieurs années de R&D, une première bouilloire, baptisée Jaren, est présentée au salon du "made in France", à Paris. Plus qu’un simple ustensile pour faire chauffer de l’eau, Jaren se veut un appareil complet et multi-usages, proposé avec de nombreux accessoires dont un infuseur à thé et plusieurs paniers, pour la cuisson vapeur ou en bain-marie ou encore le réchauffage d'aliments. En quelques mois, pas loin de 3 000 pré-commandes sont engrangées. Dans son élan, la société lance le développement d'un grille-pain et d'un lave-linge.

L'obstacle du made in France

Basée à Toulouse, Kippit annonce même son ambition de construire une usine d'assemblage en Ariège, où un terrain de 10 000 mètres carrés est retenu en toute fin d'année 2021. L'investissement est évalué entre 4 et 6 millions d'euros et 40 emplois sont prévus. Mais patatras... La défaillance d'un fournisseur met un coup d'arrêt à l'aventure entrepreneuriale et conduit l'entreprise à la liquidation judiciaire. « Alors que nous avions investi 400 000 euros dans la mise au point des moules, le fournisseur français qui s'était engagé sur la production des cuves inox de nos bouilloires nous a laissé tomber. Si nous avions fait le choix d'un fournisseur chinois, déjà identifié, nous n'en serions pas là ! Cela serait à refaire, je ne chercherais plus à tout prix à franchir tous les obstacles en même temps. A vouloir être trop vertueux, le made in France nous a fait rater la marche de l'industrialisation », confie la cheffe d'entreprise. Reste maintenant à trouver un repreneur pour pérenniser la marque « dans le respect des valeurs que nous défendons », insiste Kareen Maya Levy. Les appels des deux co-dirigeants, relayés ces derniers jours sur les réseaux sociaux, seront-ils entendus ?

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