Verallia Iberia, la filiale du groupe verrier qui englobe l’Espagne et le Portugal, ajoute cinq centres de traitement de calcin aux quatre existants. L’industriel a annoncé, lundi 6 novembre, avoir conclu un accord pour acquérir trois sociétés du groupe Santaolalla : Ecosan ambiental, qui dispose de quatre centres de traitement de verre d’emballage en Espagne, et Vidrologic, dont l’usine portugaise est spécialisée dans le traitement du verre plat (construction, automobile…). L’opération, dont le montant n’a pas été communiqué, intègre également Ecolabora, une société de logistique et de collecte de verre usagé.
«Nous multiplions par trois notre capacité de traitement en Espagne et au Portugal», indique Romain Barral, directeur des opérations de Verallia. Les 500 000 tonnes de verres usagés traités l’an prochain approvisionneront les sept sites de production de pots alimentaires et de bouteilles pour boissons. La matière contribuera, en grande partie, à la fabrication d’emballages colorés qui constituent plus de 60% du marché. Avec cette capacité de traitement supplémentaire, l'Espagne se place au même niveau que la France ou l'Italie, indique Verallia.
66% de calcin dans les fours en 2030
Augmenter le taux de calcin – du débris de verre – dans la production est une priorité du groupe, qui vise 66% de matière première issue du recyclage dans ses fours en 2030 (contre 55,7% en 2022). Pour le verrier, qui revendique 17 milliards de bouteilles et bocaux produits l’an dernier, l’objectif consiste à développer l’économie circulaire, qui se traduit déjà à travers plusieurs initiatives dans les domaines du réemploi d’emballages et de l’écoconception.
En introduisant du verre issu du recyclage dans sa production, Verallia réduit sa consommation en matière premières vierges (sable, calcaire, carbonate de soude) et améliore son bilan carbone. «A chaque fois que nous ajoutons 10% de calcin supplémentaires dans nos fours, nous réduisons de 5% nos émissions de CO2 et de 2,5% notre énergie», résume Romain Barral. Le groupe s’est engagé à réduire de 46% ses émissions de dioxyde de carbone en 2030 (par rapport à 2019).
63 fours électriques et hybrides en 2040
Outre la décarbonation de sa matière, le groupe, qui a réalisé 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022, s’attèle au renouvellement de ses fours. Principaux émetteurs de CO2 à cause d’un process gazo-intensif, les outils industriels seront progressivement remplacés par des appareils utilisant des technologies électriques, pour le verre blanc, ou hybrides, pour le verre coloré. Ce dernier utilisera 80% d’électricité et 20% de gaz, à l’inverse des appareils contemporains.
La conversion intégrale du parc (63 fours dans 12 pays) est prévue pour 2038-2040, indique Romain Barral. Les deux premiers modèles seront inaugurés dans les prochains mois. Courant 2024, un four électrique débutera son activité en Charente sur le site de Cognac. Un second, hybride, sera opérationnel en 2025 dans l’usine espagnole de Saragosse. Le calcin sera au rendez-vous.



