La production du liège dans l’Hexagone est tombée à 2 000 tonnes par an, principalement en Corse, dans le Var et le Roussillon. Pour inverser la tendance, préserver la ressource, sécuriser son approvisionnement, soutenir la filière et expérimenter un modèle économique adapté au réchauffement climatique, Diam bouchage, le premier acheteur de liège en France, a inauguré sa première plantation expérimentale de chênes-lièges. Sur les hauteurs de Passa, dans les Pyrénées-Orientales, le bouchonnier a ainsi investi dans 3 600 arbres sur 8 hectares d’anciennes parcelles de vignes en friche.
Espèce résiliente, exploitation peu rentable
Adapté au climat chaud et aux sols argilo-siliceux arides du bassin méditerranéen, le chêne-liège est une espèce végétale très résiliente mais qui souffre de plus en plus du contexte de réchauffement climatique du bassin méditerranéen. Cette évolution inéluctable ainsi qu’un abandon progressif de son exploitation difficile et peu rentable, peuvent remettre en cause la source actuelle de liège sur le siècle à venir. « Des mesures d’accompagnement pour protéger cette ressource sont nécessaires et les modèles agronomiques culturaux doivent prendre en compte tous ces facteurs », explique Eric Feunteun, le directeur général de Diam bouchage.
Initiatives de soutien
Aujourd'hui le liège utilisé par le bouchonnier français provient en totalité de forêts situées en grande majorité au Portugal et en Espagne. L’entreprise mène cependant des initiatives pour soutenir la filière française du liège. En partenariat avec l’Institut méditerranéen du liège (IML) et des structures locales, elle a financé cette année la levée de 50 tonnes de liège male, un matériau peu utilisé pour les bouchons, mais indispensable pour l’entretien et le renouvellement des suberaies. « Lever ce liège peu attractif est un acte de mécénat pour la filière, expose Eric Feunteun. Cela permet de débroussailler les parcelles et de sécuriser l’avenir, à la fois pour la biodiversité et pour la prévention des incendies. »
Améliorer les rendements
Avec cette plantation expérimentale – « nous sommes sur 8 hectares et pour assurer toute notre production de bouchons, il nous en faudrait près de 4000 », indique le dirigeant –, Diam bouchage espère aussi améliorer les rendements. « L'idée est de tester un mode de culture plus structuré pour optimiser le temps, détaille-t-il. D'ordinaire, la première récolte utile d'un chêne-liège n’intervient qu’au bout de 32 à 40 ans, et elle n’est pas qualitative. On va essayer de passer en dessous des 20 ans. Aujourd'hui on vient prélever le liège tous les 10 ans, on va essayer d'améliorer ça et de le faire tous les 5 ans. » Pour cela, un système de ferti-irrigation, en fonction des données hydriques du sol, va être mis en place. « On va consommer huit fois moins d'eau que sur des arbres fruitiers. » Un quart des besoins hydriques sera couvert par la récupération d’eau de pluie hivernale. Si le choix de la monoculture a été fait, l’entreprise explore aussi la possibilité d’associer d’autres cultures au pied des arbres pour optimiser l’utilisation de l’espace et renforcer l’intérêt économique du projet.

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L’enjeu de cette plantation va également au-delà : outre la préservation d’une ressource qui constitue des puits de carbone durables, cette suberaie permettra de renforcer les circuits courts, en offrant un liège local aux domaines viticoles de la région. De surcroît, elle deviendra un outil pédagogique à proximité immédiate du siège de l’entreprise, à Céret (Pyrénées-Orientales), pour promouvoir la culture du chêne-liège.
Chaque année, Diam bouchage produit 2 milliards de bouchons, dont 55 millions en liège de France. Filiale du groupe français Oeneo, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 222 millions d’euros, avec un effectif de 650 salariés.



