Veolia et Séché Environnement ont annoncé jeudi 24 mai 2022 un accord en vue de la cession d’actifs dans l’eau industrielle pour un montant de 40 millions d’euros. « Cet accord marque la mise en œuvre du dernier volet des cessions demandées par la Commission européenne dans le cadre du rapprochement avec Suez. Le montant total des cessions en cours de réalisation s'élève à environ 920 millions d’euros », a déclaré Claude Laruelle, directeur général adjoint en charge des finances de Veolia dans un communiqué. Les derniers actifs cédés comprennent un portefeuille de contrats représentant un chiffre d’affaires annuel de 60 millions d’euros et un Ebitda d’environ 4 millions d’euros. Ces contrats intègrent l’ensemble des métiers du cycle de l’eau industrielle - traitement d’effluents, fourniture d’eaux de process, facility management, gestion de déchets, opérations de maintenance.
Une date limite fixée au 14 juin
Bruxelles avait exigé des remèdes antitrust pour respecter la concurrence notamment en France dans le cadre de l’OPA de Veolia sur Suez. Lors de la présentation des résultats trimestriels, le 12 mai dernier, Antoine Frérot, le PDG du groupe, qui cèdera la direction du groupe à Estelle Brachlianoff, le 1er juillet prochain après 12 années à sa tête [il restera chez Veolia en tant que président non exécutif du conseil d’administration], avait indiqué la date du « 14 juin prochain comme limite fixée par la Commission européenne pour réaliser les cessions ».
Six mois plus tôt, la Commission européenne avait détaillé dans un communiqué les remèdes proposés par Veolia qui correspondaient à ses exigences : « […] la cession de la quasi-totalité des activités de Suez sur les marchés de la gestion des déchets banals et réglementés et de l'eau municipale en France ; la cession de la quasi-totalité des activités de Veolia sur le marché des services mobiles de l'eau dans l'Espace économique européen ; la cession de la très grande majorité des activités de Veolia sur le segment français du marché de la gestion de l'eau industrielle ; et la cession d'une partie des activités de Veolia et Suez dans l'enfouissement des déchets dangereux, ainsi que l'ensemble des activités de Suez dans l'incinération et le traitement physico-chimique des déchets dangereux. »
Ces actifs restent dans des entreprises françaises
Le numéro 1 mondial des services à l’environnement qui a réalisé 28,5 milliards d’euros de chiffre d ‘affaires en 2021 avant l’OPA sur Suez, et 9,935 milliards d’euros au premier trimestre 2022 après le rapprochement, avait déjà cédé des actifs en Australie, et signé deux accords en Europe, toujours à des groupes français. Le dernier en date, annoncé le 9 mai dernier, concernait la cession au groupe Saur d’une partie de ses unités mobiles de traitement de l'eau en Europe. Une opération qui s’élève à 190 millions d'euros et sera finalisée au cours du troisième trimestre. Ces unités, essentiellement basées en France et en Allemagne, servent à dépanner des clients en urgence en leur apportant un service de traitement de l'eau, grâce à des technologies mobiles préassemblées sur remorque.

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Mais la cession la plus importante concerne les actifs vendus au "nouveau Suez" (la partie non absorbée par Veolia) qui avait un droit de premier regard. Le 6 mai dernier, un accord a été signé entre les deux parties sur la vente d’activités dans le domaine des déchets dangereux en France pour une valeur de 690 millions d’euros. « Ce projet d’acquisition doit encore obtenir l’approbation de l’Autorité de la concurrence de la Commission européenne. Il nous permet de compléter notre portefeuille d’activités à destination de nos clients », se félicitait Frederick Jeske-Schoenhoven, le directeur de la stratégie, de la communication et du développement durable chez Suez, dans les colonnes de L’Usine Nouvelle. Mais Veolia tenait à préciser qu’elle « conservera toute son activité existante en France, à l'exception d'un site de stockage d’Occitanis, ainsi que trois sites français de Suez, ce qui portera son total à huit sites de stockage de déchets dangereux ».
D’autres cessions à prévoir au Royaume-Uni
Cette acquisition permettra à Suez de retrouver des activités dans le secteur des déchets dangereux qui avaient totalement disparu avec l’OPA de Suez. Et cette opération restaurera une situation de concurrence.
Quand toutes ces opérations en France seront finalisées, Veolia n’en aura pas tout à fait terminé avec les cessions. A Aubervilliers, on attend un signal de l’autre côté de la Manche. L’Autorité de la concurrence britannique mène actuellement son enquête antitrust et devrait indiquer ses souhaits autour de la mi-juillet.



