Suez et Veolia ont annoncé vendredi 6 mai la signature d’un accord en vue de l’acquisition par le premier de l'essentiel des actifs déchets dangereux en France de son concurrent, pour une valeur de 690 millions d’euros. « Ce projet d’acquisition doit encore obtenir l’approbation de l’Autorité de la concurrence de la Commission européenne. Il nous permet de compléter notre portefeuille d’activités à destination de nos clients », se félicite Frederick Jeske-Schoenhoven, le directeur de la stratégie, de la communication et du développement durable chez Suez.
Cette acquisition devrait être validée très rapidement par Bruxelles. Elle nécessite également la consultation des instances représentatives du personnel de Veolia. L'opération permettra à Suez de retrouver des activités dans le secteur des déchets dangereux, qui avaient totalement disparu avec l’OPA de Suez. L'achat restaurera aussi une situation de concurrence dans ce domaine.
22 sites concernés
Le périmètre de ces actifs concerne 22 sites – essentiellement des incinérateurs et des décharges - et plusieurs centaines de salariés, pour un chiffre d’affaires de quelques centaines de millions d’euros. Suez ne souhaite pas préciser ces chiffres pour l’instant, mais les activités déchets en France représentent un chiffre d’affaires d’environ 2,5 milliards d’euros. Ces nouveaux actifs devraient augmenter les revenus de l'activité déchets de 10 à 20%. Les grands types de déchets dangereux sont notamment les boues de stations d'épuration industrielles, les déchets contenant du mercure, les déchets amiantés, les déchets d'activités de soins à risques infectieux, les peintures, les piles et accumulateurs, les véhicules hors d'usage, les solvants, les huiles usagées...
« Veolia conservera toute son activité existante en France, à l'exception d'un site de stockage d’Occitanis, ainsi que trois sites français de Suez, ce qui portera son total à huit sites de stockage de déchets dangereux », précise le groupe qui fait la liste des activités cédées : « L’ensemble des activités de l’ancien Suez dans l’incinération de déchets dangereux en France ; deux contrats portant sur du traitement physico-chimique de déchets dangereux, constituant l’intégralité de l’activité de l’ancien Suez sur ce marché en France ; quatre sites de l’ancien Suez et un site de Veolia d’enfouissement de déchets dangereux (il s’agit plus précisément des sites de l’ancien Suez de Villeparisis, Jeandelaincourt, Vaivre-et-Montoille et Champteussé-sur-Baconne, ainsi que du site de Veolia d’Occitanis à Graulhet).»
Veolia devra encore céder d’autres activités, notamment l’eau industrielle en France et sans doute certains actifs au Royaume-Uni. Suez regarde ces dossiers avec attention. Mais en cas de refus, d’autres entreprises sont dans les starting-blocks, notamment Saur pour l’eau industrielle.



