La création de Waste2Glass a été annoncée le 30 novembre par les deux groupes français Veolia et EDF, qui vont détenir à parts égales cette co-entreprise dédiée à la vitrification des déchets faiblement et moyennement radioactifs via leurs filiales Asteralis et Cyclife. Le but est de développer en quelques années une nouvelle filière de traitement de ces déchets massifs et problématiques.
"Avec EDF, nous allons travailler à industrialiser le procédé Geomelt pour aller plus loin dans la complexité des déchets, dans l'objectif de répondre à des opportunités identifiées notamment au Royaume-Uni et en France, explique à L'Usine Nouvelle Jean-François Nogrette, directeur de Veolia technology et contracting. Avec notre technologie GeoMelt, nous avons déjà traité 26 000 tonnes de déchets radioactifs et dangereux, notamment aux Etats-Unis. Nous avons déjà un pilote à l’usine de Limay, mais nous espérons passer à une phase industrielle avec un site dédié dans quatre à cinq ans. Le nucléaire est un cycle lent."
Passer à une phase industrielle
La vitrification des déchets nucléaires n’est pas nouvelle, mais elle était jusqu’ici réservée aux déchets hautement radioactifs, en raison de son coût. Avec GeoMelt, pour lequel Veolia a reçu un WNE Award lors de la World Nuclear Exhibition 2021, le process de vitrification simplifié permet d’élargir la gamme des déchets qu'il adresse. La technologie, qui fonctionne sur le principe d’un mode de chauffe qui crée une matrice en verre pour piéger les déchets, n’est ici pas utilisée en continu mais en batchs, pour pouvoir adapter en permanence le process et avoir davantage de souplesse. Pour passer à une phase industrielle et développer une filière, les deux entreprises ont fait le choix d’utiliser un modèle éprouvé. "Avec EDF, nous avons monté un pilote en rapport avec leurs attentes, assure Jean-François Nogrette. Le 30 novembre, "au World Nuclear Exhibition (WNE) nous avons eu à la fois la reconnaissance d’EDF et une récompense avec un Award."
EDF et Veolia avaient déjà développé il y a deux ans une co-entreprise sur le traitement des déchets radioactifs. Il s’agissait de Graphitech, dédié au développement de solutions pour la déconstruction des réacteurs graphite-gaz. Veolia accentue sa présence dans le traitement des déchets radioactifs, un marché qui devrait exploser dans l’avenir avec le vieillissement des centrales nucléaires. Ce sera une pièce essentielle de son activité de traitement des déchets dangereux, lancée il y a une quarantaine d’année et en plein essor.
"Nous avons construit une branche déchets dangereux qui est une locomotive pour Veolia et qui continue de prospérer. Nous avons réalisé 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020 et notre objectif est d’atteindre 4 milliards en 2023", prévient Jean-François Nogrette.



