Un nouveau fonds d’investissement pour accompagner la diversification de la filière forêt-bois française

Afin d’accompagner les scieries dans leurs développements sur le bois d’ingénierie ou des start-up dans leur croissance, le Crédit Agricole et des business angels issus du secteur forestier lancent un fonds dédié. Bpifrance a pour sa part élargi son fonds aux matériaux agro-sourcés.

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Bois et forêt - Rondins
La filière forêt-bois requiert de nombreux investissements.

Vingt-quatre caisses régionales du Crédit Agricole, Idia Capital investissement (filiale spécialisée de la banque) et Forinvest business angels lancent cette semaine le fonds Développement forêt-bois, centré sur les acteurs français de la filière. Doté d’un objectif de levée de fonds de 40 millions d’euros, il investira (de façon minoritaire) entre 0,5 et 5 millions d’euros dans des entreprises du secteur, en capital croissance (pour soutenir des entreprises qui progressent sur des marchés nouveaux), capital développement (avec des entreprises industrielles qui souhaitent créer de nouveaux ateliers de production, par exemple) ou en capital transmission.

“Les scieries qui se tournent vers la deuxième, voire la troisième transformation ont besoin de lourds investissements. Elles peuvent ainsi créer des produits d’ingénierie à plus forte valeur ajoutée. De plus, depuis quelques années, la consommation augmente grâce au bois énergie et à la chimie verte”, commente Eric Toppan, secrétaire général de Forinvest business angels. Créé en 2010, ce réseau de business angels a réalisé une trentaine d’investissements dans des projets liés au bois. Il intervient, dans le nouveau fonds, sur l’instruction des dossiers.

La RE2020 comme stimulant

“Les investisseurs traditionnels connaissent mal la filière bois, qui nécessite des investissements très lourds avec des durées de retour sur investissement très longues. Ces dernières années, beaucoup ont été attirés par la tech, qui offre des portes de sortie plus rapides”, constate Eric Toppan. Nombreuses sont les scieries à se tourner vers les produits d’ingénierie : murs préfabriqués en bois, lamellés-collés, contrecollés, croisés ou poutres en I. Réassemblés, les bois présentent des propriétés mécaniques plus importantes. Plus de la moitié de ces produits sont importés, essentiellement d’Allemagne et d’autres pays européens.

L’entrée en vigueur, début 2022, de la nouvelle réglementation environnementale (RE2020) devrait stimuler la filière. En France, la construction bois représente 10% des projets de logements individuels, et 7% sur l’ensemble des bâtiments, avec le logement collectif et le tertiaire. Un chiffre global qui grimpe à 15% en Allemagne et à 30% dans les pays du nord de l’Europe au global ; et plus de 80% aux Etats-Unis sur le logement individuel. “Nous devons produire plus de sciages, donc valoriser plus de bois récolté en France. La forêt française se porte très bien. On prélève chaque année seulement la moitié de ce qui pousse”, poursuit Eric Toppan, également chargé de l’observatoire économique de l’interprofession France Bois Forêt.

Bpifrance également sur le front

En janvier 2021, la banque publique d’investissement Bpifrance, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et les interprofessions du meuble avaient pour leur part lancé le Fonds Bois 3, dédié au bois et aux éco-matériaux. Doté d’un montant de 70 millions d’euros, il a élargi son spectre aux matériaux agro-sourcés (paille, chanvre, ouate de cellulose, liège, lin…) Une quinzaine de PME et d’ETI françaises doivent faire l’objet de prises de participations minoritaires de 500 000 euros à 10 millions d’euros.

Lors des deux premières salves du fonds de Bpifrance, en 2010 et en 2015, “une dizaine d’unités industrielles d’envergure ont été créées et une quinzaine d’acquisitions consolidantes et de rapprochements d’entreprises stratégiques réalisés”, souligne l’organisme public. Le nouveau fonds bois aura une durée de vie de quinze ans. Comme le fonds Développement forêt-bois, il devrait être présent auprès des entreprises sur des durées moyennes de six à sept ans.

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